Le dôjô en aïkido traditionnel
Aïkido traditionnel le dôjô, sempä, kohaï
Le dôjô chacun à sa place
Dojo aïkido traditionnel où est ma place
Le yin/yang, omote/ura la différence de potentiel
Dans la tradition orientale, c’est la différence qui engendre la vie, tandis que l’uniformité et la
norme symbolisent la mort.
Ce concept reste difficile à saisir pour les Occidentaux, qui s’en
emparent souvent pour jouer les érudits, mais qui, neuf fois sur dix, en parlent en colportant des
contrevérités — surtout dans le milieu de l’aïkido.
À tel point que Tamura sensei, face à l’ampleur
des inepties proférées, s’est même demandé s’il ne valait pas mieux cesser d’en parler.
1. Où est ma place au dojo ?
- Une question posée au stage de Bussy (boite à question)
- Dans un dojo d’aïkido traditionnel, comme celui d’Alain Peyrache sensei (qui suit la voie du fondateur, Morihei Ueshiba, et de l’Aïkikaï), la coutume de se placer du moins ancien au plus ancien (en ligne ou en cercle) lors du salut du début et de la fin du cours est profondément ancrée dans la tradition martiale japonaise.
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Origine de la coutume, présente dès les débuts de l’aïkido (années 1930–1940).
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1. Héritage des arts martiaux japonais (bujutsu/koryū)
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- Période : Cette pratique remonte aux écoles anciennes (koryū) de sabre, de jujutsu et d’autres arts martiaux japonais, bien avant la création de l’aïkido.
- Contexte : Dans les dojos traditionnels, la hiérarchie et le respect des anciens (senpai/kōhai) sont centraux. Le placement reflète l’ordre d’ancienneté, qui détermine aussi l’ordre des exercices, des conseils, et parfois même des responsabilités au sein du dojo.
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2. Intégration dans l’aïkido
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- Période : Dès les débuts de l’aïkido (années 1930-1940), Morihei Ueshiba a intégré cette coutume, car il a formé son art à partir de traditions martiales existantes (notamment le Daitō-ryū) et de valeurs shinto/bouddhistes.
- Influence : Ueshiba a insisté sur le respect, l’humilité et la transmission, valeurs qui se manifestent par ce rituel de placement.
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Sens et symbolique
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1. Respect de la hiérarchie (senpai/kōhai)
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- Senpai (ancien) : Celui qui a plus d’expérience, qui guide et transmet.
- Kōhai (moins ancien) : Celui qui apprend, écoute et respecte.
- Placement : Les moins anciens se placent à gauche (côté considéré comme inférieur dans la tradition japonaise), les plus anciens à droite (côté supérieur).
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2. Harmonie et unité du groupe
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- Le placement ordonné symbolise l’unité du dojo, l’harmonie entre les pratiquants, et le respect mutuel, valeurs centrales de l’aïkido.
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3. Préparation mentale
- Ce rituel marque le passage entre le monde extérieur et l’espace sacré du dojo, aidant à se recentrer et à adopter une attitude respectueuse et attentive.
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À quelle époque est apparue cette coutume ?
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- Dans les koryū : Dès l’époque féodale (XVIe–XIXe siècle), dans les écoles de sabre et de jujutsu.
- Dans l’aïkido : Dès la formalisation de l’aïkido comme discipline indépendante (années 1930–1940), Ueshiba a repris et adapté ces codes pour son propre dojo, l’Aïkikaï Hombu Dojo.
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Pourquoi cette coutume persiste-t-elle ?
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- Transmission : Elle perpétue l’esprit des arts martiaux traditionnels, où le respect et la hiérarchie sont essentiels à la transmission du savoir.
- Chacun doit savoir où est sa place : Elle rappelle à chacun sa place, favorise l’humilité et l’écoute, et structure la vie du dojo.
- Culture japonaise : Elle reflète des valeurs culturelles profondes (respect des aînés, importance du groupe, rituels).
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Pourquoi est-ce important aujourd’hui ?
- Cette coutume rappelle que l’aïkido n’est pas seulement une technique, mais une voie (dō) où le respect, l’humilité et la communauté sont aussi importants que les mouvements eux-mêmes.
2. Si on change de dojo ? Aurais-je la même place ?
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Dans un dojo d’aïkido traditionnel, votre place dans l’alignement (de gauche à droite,
du moins ancien au plus ancien) dépend toujours de votre ancienneté relative aux autres
pratiquants présents sur le tatami, et non de votre ancienneté absolue ou de votre grade
dans un autre dojo.
Voici comment cela fonctionne en pratique lorsque vous changez de dojo : -
1. L’ancienneté est locale et relative
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Dans un nouveau dojo,
vous perdez automatiquement votre ancienneté acquise ailleurs.
Votre place dépend désormais de :
- Votre date d’inscription dans ce dojo (par rapport aux autres élèves).
- Votre grade (si le dojo prend en compte les ceintures ou les niveaux pour l’alignement, ce qui est rare en aïkido traditionnel).
- La décision du sensei qui gère son dojo comme il le veut et cela ne regarde personne sinon lui et l'élève concerné... (certains dojos placent les invités ou les nouveaux à gauche par défaut, quel que soit leur niveau).
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2. Règles courantes selon les dojos
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- Nouvel élève On se place à l’extrême gauche (moins ancien), quel que soit son niveau ailleurs.
- Visiteur/Invité Souvent placé à gauche, sauf si le sensei décide autrement (par respect pour le grade).
- Élève transféré On reprend sa place selon la date d’inscription dans le nouveau dojo.
- Élève de passage On se place à gauche, ou selon l’invitation du sensei local.
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3. Pourquoi cette règle ?
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- Respect du dojo et de son histoire : Chaque dojo a sa propre dynamique et ses propres anciens. L’ancienneté est liée à la fidélité et à la participation à la vie du dojo.
- Humilité : Cela rappelle que l’aïkido est une voie d’apprentissage continu, et que chaque dojo est une nouvelle opportunité de progresser, quel que soit son niveau.
- Cohésion du groupe : L’alignement reflète l’ordre interne du dojo, pas une hiérarchie absolue.
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4. Exceptions possibles
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- Si deux dojos sont très proches (même maitre), on peut tenir compte de l’ancienneté globale.
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5. Que faire en pratique ?
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- Observer : Regardez comment les autres s’alignent et placez-vous discrètement à gauche si vous êtes nouveau.
- Demander : Si vous hésitez, demandez à un senpai ou au sensei où vous placer.
- Accepter : Même si vous êtes plus gradé, acceptez de vous placer selon les règles locales, par respect pour le dojo et son sensei.
- En résumé
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- Votre place n’est pas “transférable” : Chaque dojo recalcule l’ancienneté localement.
- L’humilité prime : Même un expert se place à gauche dans un nouveau dojo.
- Le respect du lieu est essentiel : C’est une marque de politesse envers le sensei et les pratiquants locaux.
3. Effet pervers du système sempaï / Kohaï
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1. Développement de l’ego et de l’arrogance
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Le système d’alignement et de hiérarchie dans les dojos d’aïkido (et plus largement dans
les arts martiaux traditionnels japonais) repose sur des valeurs de respect, d’humilité
et de transmission. Cependant, comme tout système humain, il peut générer des effets
pervers ou des dérives, notamment liés à l’ego, au pouvoir, ou à une mauvaise
interprétation des principes.
Voici les principaux écueils observés, avec leurs conséquences et leurs origines : -
Chez les senpai (anciens) :
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- Sentiment de supériorité : Certains senpai peuvent se croire “supérieurs” simplement parce qu’ils sont plus anciens, même si leur maitrise technique ou leur attitude ne le justifient pas.
- Abus de pouvoir : Utiliser son statut pour rabaisser les kōhai (moins anciens), leur donner des ordres injustifiés, ou les humilier sous prétexte de “les endurcir”.
- Manque d’empathie : Oublier qu’on a soi-même été débutant, et adopter une attitude hautaine ou méprisante.
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Chez les kōhai (moins anciens) :
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- Frustration : Se sentir constamment rabaissé ou ignoré, surtout si le senpai n’est pas pédagogue ou bienveillant.
- Découragement : Certains abandonnent l’aïkido à cause d’un climat toxique, où l’ancienneté prime sur la qualité de l’enseignement ou le respect mutuel.
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2. Favoritisme et inégalités
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Privilèges injustifiés :
Certains senpai reçoivent plus d’attention du sensei, des responsabilités ou des
avantages (comme l’accès à des stages) simplement parce qu’ils sont là depuis
longtemps, et non parce qu’ils le méritent.
À l’inverse, des pratiquants talentueux mais récents peuvent être ignorés. - Création de “cliques” : Les anciens forment parfois un groupe fermé, excluant les nouveaux ou les “étrangers” (venus d’autres dojos), ce qui nuit à la cohésion et à l’esprit d’ouverture de l’aïkido.
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Privilèges injustifiés :
Certains senpai reçoivent plus d’attention du sensei, des responsabilités ou des
avantages (comme l’accès à des stages) simplement parce qu’ils sont là depuis
longtemps, et non parce qu’ils le méritent.
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3. Rigidité et manque d’adaptabilité
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Refus du changement :
Certains senpai ou sensei refusent d’évoluer, s’accrochant à des méthodes
pédagogiques dépassées.
Cela peut freiner la progression technique ou philosophique du dojo. - Dogmatisme : La tradition devient une fin en soi, et non un moyen de progresser, un outil. Par exemple, on valorise plus le respect des formes que la compréhension profonde des principes.
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Refus du changement :
Certains senpai ou sensei refusent d’évoluer, s’accrochant à des méthodes
pédagogiques dépassées.
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4. Manipulation et abus
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Exploitation des kōhai :
Certains senpai ou sensei profitent de leur statut pour demander des services
personnels, de l’argent, ou imposer des relations inappropriées, sous couvert
d’autorité martiale.
Cela peut aller jusqu’à des abus psychologiques ou physiques, surtout dans des dojos où le sensei a un pouvoir absolu. - Culte de la personnalité : Certains enseignants (ou leurs disciples) développent un ego démesuré, se prenant pour des “maîtres” infaillibles, et exigeant une soumission aveugle pour des choses qui n'ont rien à voir avec la pratique de l'aïkido.
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Exploitation des kōhai :
Certains senpai ou sensei profitent de leur statut pour demander des services
personnels, de l’argent, ou imposer des relations inappropriées, sous couvert
d’autorité martiale.
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5. Perte de sens de la pratique
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- Oubli des valeurs fondamentales : L’aïkido est censé être une voie de paix, d’harmonie et de développement personnel. Quand la hiérarchie devient une fin en soi, on perd de vue l’essentiel : la pratique martiale et spirituelle. Certains pratiquants se concentrent plus sur leur place dans l’alignement que sur leur progression réelle.
- Compétition malsaine : Au lieu de s’entraider, les élèves rivalisent pour gagner des places, des grades, ou les faveurs du sensei, créant un climat de tension et de jalousie.
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6. Difficultés pour les nouveaux ou les “étrangers”
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- Exclusion des visiteurs : Les pratiquants venus d’autres dojos, surtout s’ils ont un grade élevé ou une approche une pratique différente. Certains dojos refusent même de reconnaître les grades acquis ailleurs, forçant les nouveaux à “recommencer à zéro”, ce qui est décourageant et stupide puisque il s'agit de leur vécu.
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Origines de ces dérives
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- Mauvaise interprétation de la tradition : Confondre respect et soumission, hiérarchie et domination.
- Manque de formation des enseignants : Certains sensei n’ont pas été formés à l'enseignement ou à la gestion de groupe, et reproduisent des schémas toxiques appris eux-mêmes.
- Pression sociale : La peur de perdre sa place ou son statut peut pousser à des comportements égoïstes ou agressifs.
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Comment limiter ces effets pervers ?
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- Encourager une culture de bienveillance : Rappeler que le senpai doit guider et protéger le kōhai, pas le dominer.
- Rappeler les valeurs fondatrices : L’aïkido est une voie de paix et d’harmonie : la hiérarchie doit servir la pratique, pas l’inverse.
Mais quand l’ego, le pouvoir ou la routine prennent le dessus, il peut devenir source de souffrance et de dysfonctionnements.
La vigilance de chacun (enseignants et élèves) est essentielle pour préserver l’esprit originel de l’aïkido.
4. Surface de tatami nécessaire
pour la pratique de l’aïkido traditionnel
- Surface de tatami nécessaire pour la pratique de l’aïkido traditionnel
- Voici des indications précises concernant la surface de tatami nécessaire pour la pratique de l’aïkido traditionnel, en fonction du nombre de pratiquants, afin d’assurer la sécurité et le confort de chacun.
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1. Surface minimale par pratiquant en aïkido
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Contrairement au judo, où les projections sont souvent linéaires et les combats au sol
plus localisés, l’aïkido exige un espace plus large en raison :
- des déplacements circulaires (tenkan, irimi)
- des projections kokyu nage, variées (ukemi en avant, arrière, latéral)
- de la pratique à plusieurs (attaques simultanées, randori)
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Recommandations générales :
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- 1 pratiquant seul : 2 tatamis (3 m × 2 m) pour le travail individuel (suburi, ukemi).
- 2 pratiquants : 4 tatamis (3 m × 4 m) pour un travail en binôme confortable.
- 3 pratiquants : 6 tatamis (3 m × 6 m) pour éviter les collisions lors des déplacements.
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2. Surface recommandée pour un groupe
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Pour un cours collectif, il faut prévoir un espace suffisant pour que chaque binôme
puisse évoluer sans risque de collision avec les autres. Voici un tableau synthétique :
Nombre de pratiquants Surface recommandée (en tatamis) Surface recommandée (en m²) 4 8 tatamis 12 m² 6 12 tatamis 18 m² 8 16 tatamis 24 m² 10 20 tatamis 30 m² 12 24 tatamis 36 m² - Note : Un tatami standard mesure 1 m × 2 m (soit 2 m²), mais en dojo, on utilise souvent des tatamis de 1 m × 1 m (1 m²). Adaptez donc la surface en fonction de la taille réelle de vos tatamis.
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3. Points de vigilance spécifiques à l’aïkido
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- Espace entre les binômes : Prévoir au moins 1,5 m à 2 m entre chaque binôme pour éviter les chocs lors des projections ou des déplacements rapides.
- Hauteur sous plafond : Minimum 3 m pour les techniques avec armes (bokken, jo) ou les projections aériennes.
- Forme de la surface : Une forme rectangulaire ou carrée est idéale, mais évitez les angles trop pointus ou les obstacles (piliers, murs proches).
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4. Exemple concret
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Pour un cours de 10 pratiquants (5 binômes) :
- Surface minimale : 20 tatamis (30 m²)
- Disposition : 5 binômes espacés de 2 m, avec un espace central pour les démonstrations.
- Ces recommandations s’appuient sur les retours d’expérience de dojos traditionnels japonais et européens.
5. Différences entre tokonoma et kamiza
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Kamiza (上座)
- Signification : Littéralement « siège supérieur » ou « place d’honneur ».
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Rôle du kamiza
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- Dans un dojo, le kamiza est le mur ou l’espace situé au fond de la salle, souvent marqué par un portrait du fondateur de l’art martial (par exemple, Morihei Ueshiba pour l’aïkido), un calligraphie (kakemono), ou un symbole sacré (comme un kamon ou un shintoïste).
- C’est la direction vers laquelle les pratiquants saluent (rei) en entrant et en sortant du tatami, ainsi qu’au début et à la fin du cours.
- Le kamiza représente le respect envers les maîtres, les ancêtres et l’esprit de l’art martial.
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Positionnement du kamiza
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- Toujours situé du côté le plus éloigné de l’entrée principale.
- Les pratiquants s’assoient généralement face au kamiza pendant les moments formels (méditation, annonces).
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Tokonoma (床の間)
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- Signification : Littéralement « alcôve » ou « espace encastré ».
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Rôle : du tokonoma
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- Le tokonoma est une alcôve (grotte) traditionnelle japonaise, souvent surélevée, située dans une pièce de réception ou un dojo. Il sert à exposer des objets d’art (calligraphie, arrangement floral, parchemin, sabre, etc.) en lien avec la culture ou la philosophie de l’art martial.
- Dans un dojo, le tokonoma peut abriter des objets symboliques (un bokken, un jo, une calligraphie de maître, etc.) et est souvent intégré près du kamiza, mais il n’a pas la même fonction rituelle.
- Il incarne l’esthétique et la spiritualité, invitant à la contemplation et au respect de la tradition.
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Positionnement du tokonoma
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- Souvent à droite ou à gauche du kamiza, ou intégré dans le mur du kamiza lui-même.
- Moins central que le kamiza, mais tout aussi respecté.
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Élément Kamiza Tokonoma Fonction Lieu de salut, symbole d’honneur Espace d’exposition artistique Contenu Portrait, calligraphie, symbole Objets d’art, armes, parchemins Rituel Salut obligatoire Respect, mais pas de salut Position Mur du fond, central Alcôve, souvent latérale -
Pourquoi cette distinction est-elle importante en aïkido ?
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- Le kamiza structure la pratique : on s’oriente vers lui pour les saluts, les exercices en ligne, et les moments de concentration.
- Le tokonoma enrichit l’atmosphère du dojo, rappelant l’aspect culturel et spirituel de la voie martiale.
- les termes kamiza, tokonoma et mur d’honneur (ou shomen) sont souvent sources de confusion pour les pratiquants occidentaux, car ils peuvent désigner des espaces proches ou se chevaucher dans le dojo.
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1. Shomen (正面) – Mur d’honneur / Face avant
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- Définition : Le shomen est le mur principal du dojo, celui vers lequel on se tourne pour saluer en entrant ou en commençant/terminant la pratique. Il symbolise la direction la plus honorable.
- Emplacement : Généralement, c’est le mur du fond, souvent marqué par un portrait du fondateur (Morihei Ueshiba), un calligraphie, un drapeau japonais, ou un autel.
- Usage : On s’incline toujours vers le shomen en signe de respect.
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2. Kamiza (上座) – Place d’honneur
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- Définition : L e kamiza est la place la plus honorable dans le dojo, souvent située devant le shomen. C’est là que s’assoit le professeur ou l’invité d’honneur pendant les cours ou les cérémonies.
- Emplacement : Au sol, face au shomen, parfois surélevé ou marqué par un tatami différent.
- Usage : Les élèves ne s’assoient jamais au kamiza sans y être invités.
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3. Tokonoma (床の間) – Alcôve décorative
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- Définition : Le tokonoma est une alcôve traditionnelle japonaise, souvent intégrée au shomen, où l’on place des objets symboliques (calligraphie, sabre, arrangement floral, rouleau, etc.).
- Emplacement : Encastré dans le mur du shomen, légèrement surélevé.
- Usage : On ne marche jamais devant le tokonoma sans s’incliner, et on ne place jamais d’objets personnels dedans.
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Pourquoi cette distinction ?
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- Shomen : Direction spirituelle, respect envers l’art et le fondateur.
- Kamiza : Respect envers le professeur et la hiérarchie.
- Tokonoma : Respect envers la culture et les symboles traditionnels.
- En pratique, dans la plupart des dojos occidentaux, le shomen et le tokonoma sont souvent confondus, car le tokonoma est intégré au shomen. Le kamiza reste la place au sol, face au shomen.
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Reishiki
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1. Shomen (mur d’honneur) :
- Repère visuel : Cherche le mur avec un portrait (souvent celui d’O-Sensei Morihei Ueshiba), une calligraphie japonaise, un drapeau, ou un autel.
- Geste : Dès que tu entres ou sors du tatami, fais face à ce mur et salue (rei).
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2. Kamiza (place d’honneur) :
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- Repère visuel : C’est l’espace au sol, juste devant le shomen, souvent marqué par un tatami différent ou une ligne. Le professeur s’y assied pendant le cours.
- Geste : Ne t’assois jamais là sans y être invité. Si tu dois passer devant, fais un petit salut.
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Tokonoma : (alcôve)
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- Repère visuel : Si le dojo a une alcôve encastrée dans le shomen (parfois avec un sabre, un rouleau ou des fleurs), c’est le tokonoma.
- Geste : Ne marche jamais directement devant sans t’incliner au préalable.
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Erreurs fréquentes à éviter :
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- En entrant, tu salues d’abord en direction du shomen.
- Pendant le cours, le professeur s’assoit au kamiza.
- Si tu vois une niche ou une étagère décorée dans le shomen, c’est le tokonoma : évite de tourner le dos ou de pointer du doigt.
- Confondre kamiza et tokonoma : le kamiza est une place au sol, le tokonoma est dans le mur.
- ublier de saluer en passant devant O le tokonoma ou le kamiza.
- S’asseoir au kamiza sans y être invité.
- Si ton dojo n’a pas de tokonoma visible, concentre-toi sur le shomen et le kamiza. Dans les dojos occidentaux, le tokonoma est souvent absent ou symbolique.
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Origine et signification du Tokonoma
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- Histoire : Le tokonoma est une invention japonaise, apparue à l’époque de Muromachi (XIVe–XVIe siècle). À l’origine, c’était un espace où le seigneur (ou le maître de maison) plaçait un message ou un objet symbolisant son absence ou son autorité.
- Usage traditionnel : Il est devenu un élément central de l’architecture des maisons japonaises, dédié à l’art, à la calligraphie, ou à des objets de valeur, reflétant le goût et le statut du propriétaire.
- Dans le dojo : Son intégration dans les dojos d’arts martiaux japonais est une extension de cette tradition, pour honorer la voie (do) et les ancêtres de l’art.
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Signification dans la tradition orientale (hors Japon)
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- Absence en Chine/Corée : Le tokonoma n’existe pas dans les traditions chinoises ou coréennes. Ces cultures ont leurs propres espaces sacrés ou symboliques (autels, tables d’offrandes, etc.), mais pas sous cette forme architecturale spécifique.
- Influence japonaise : Le tokonoma est un marqueur culturel typiquement nippon, lié à l’esthétique du wabi-sabi et à la cérémonie du thé. Il n’a pas d’équivalent direct dans les autres traditions asiatiques.
- Dans nos dojo, si le tokonoma est présent, il est là pour honorer la tradition japonaise de l’aïkido, même s’il n’a pas de signification pan-asiatique. Son respect relève de l’étiquette du dojo, pas d’une tradition orientale ayant du sens (une pollution locale).
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Liens utiles
6. Dans l’aïkido traditionnel : "l'homme entre ciel et terre"
- Dans l’aïkido traditionnel, la disposition du kamiza (l’autel ou place d’honneur) avec le portrait du fondateur Morihei Ueshiba (Ō-Sensei), la table recouverte d’un linge blanc, et le tatami particulier en dessous, est chargée de symbolisme et reflète des valeurs profondes de l’art martial et de la culture japonaise.
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1. Le portrait du fondateur (Ō-Sensei)
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- Symbolisme : Le portrait de Morihei Ueshiba est placé en haut pour honorer sa mémoire, son enseignement et son esprit. Il rappelle aux pratiquants l’origine de l’aïkido, son essence spirituelle et la vision de paix et d’harmonie qu’il a transmise.
- Respect : C’est un signe de respect envers le maître fondateur et envers la lignée des enseignants qui ont transmis l’art.
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2. La table recouverte d’un linge blanc
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- Pureté : Le linge blanc symbolise la pureté, la sincérité et l’absence de malice. Dans la culture japonaise, le blanc est associé à la purification et à la préparation de l’esprit pour la pratique.
- Sacralisation : La table sert d’autel, un espace sacré où l’on peut déposer des offrandes (comme de l’encens, des fleurs, ou des objets symboliques) lors de cérémonies ou pour marquer le respect.
- Transition : Elle marque une séparation entre le monde profane et l’espace de pratique, invitant à laisser de côté les préoccupations extérieures.
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3. Le tatami particulier en dessous
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- Fondation : Le tatami, souvent plus épais ou de couleur différente, représente la base, la terre, le fondement sur lequel repose la pratique. Il symbolise la stabilité, l’enracinement et le lien avec la nature.
- Respect de l’espace : Dans le dojo, le tatami est un espace sacré, réservé à la pratique et au développement personnel. Le tatami du kamiza est souvent traité avec un soin particulier, parfois même interdit à la marche.
- Harmonie : Il rappelle l’importance de l’harmonie entre le ciel (le portrait), l’homme (la table/linge) et la terre (le tatami), une triade centrale dans la philosophie japonaise et l’aïkido.
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Symbolisme global : Ciel-Homme-Terre
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L’ensemble de ces trois niveaux illustre la philosophie de l’aïkido :
- Ciel (le portrait) : l’aspiration spirituelle, la connexion avec l’universel.
- Homme (la table/linge) : la pureté d’intention, la préparation intérieure.
- Terre (le tatami) : l’enracinement, la pratique concrète, le respect de l’espace et des autres.
- Cette disposition invite le pratiquant à s’aligner avec ces trois dimensions à chaque séance, pour une pratique à la fois technique, spirituelle et respectueuse.
7. Choix du dojo. Comment ne pas se tromper ?
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Les abus et les arnaques :
Dans un monde où les termes comme "aïkido", "traditionnel", "authentique" sont
souvent utilisés à tort et à travers
— parfois même à des fins commerciales ou personnelles
— savoir reconnaître rapidement un vrai dojo d’aïkido traditionnel est essentiel, surtout pour un débutant sincère. - Voici les signes clairs, concrets et fiables qui permettent, en quelques minutes, de distinguer un dojo d’aïkido traditionnel d’un dojo inspiré, éclectique, ou auto-proclamé.
-
Les abus et les arnaques :
Dans un monde où les termes comme "aïkido", "traditionnel", "authentique" sont
souvent utilisés à tort et à travers
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1. La lignée du fondateur est clairement indiquée
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Ce que vous devez voir :
- Le nom du fondateur : Morihei Ueshiba (O-Sensei).
- Le maître direct du professeur du dojo (ex. : Tamura sensei, Chiba sensei, Sugano sensei, etc.).
- La chaîne de transmission (même courte) : « Élève de…, dans la lignée de… ».
- Une affiliation officielle (ex. : EPA-ISTA etc.).
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❌ Ce qui doit vous alerter :
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- Aucune mention du maître du professeur.
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Des phrases vagues :
Le discours du consommateur :
« Payer le prix juste, choisir librement ses partenaires, adopter un fonctionnement démocratique… »
Autant d’arguments qui valorisent l’individualisme et l’autonomie, mais qui, au final, vident cette structure de tout intérêt réel, puisque tout cela peut se faire seul, sans besoin d’un maitre ou de ce cadre.
« inspiré de plusieurs écoles », « pratique personnelle issue de nombreuses influences ».
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2. Le professeur est présenté comme disciple, pas comme « créateur »
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Dans un vrai dojo traditionnel :
- Le professeur met en avant ses maîtres, pas lui-même.
- Il utilise des termes comme « enseignement reçu de… », « transmis par… ».
- Il ne se présente jamais comme l’inventeur d’un « nouvel aïkido ».
- On parle de « mon aïkido », « ma vision », « ma pédagogie révolutionnaire ».
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❌ Danger :
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- Langage sportif : « performance », « compétence », « efficacité », « self-défense réaliste ».
- Promesses utilitaristes : « apprenez à vous défendre en 3 mois ».
- Aucune référence à la dimension spirituelle ou éthique.
- Langage orienté aïkido associé à la mode du moment (zumba etc) aïki taïso ou la préparation aïkido sans pratique de l'aïkido un comble....
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Dans un dojo traditionnel :
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- Les pratiquants sont en keikogi (tenue blanche) propre, avec hakama.
- Le dojo est sobre : (souvent une salle municipal) pas de musique, pas de décoration tape-à-l’œil.
- Les techniques sont fluides, contrôlées, sans mise en scène théâtrale.
- Le salut (rei) est systématiquement respecté.
- L’accent est mis sur la régularité, la persévérance, le respect du lieu.
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En résumé : les 3 questions à se poser en 30 secondes
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- Qui est le maître du professeur ? → S’il n’est pas nommé, méfiance.
- Le fondateur Morihei Ueshiba est-il cité avec respect ? → S’il est absent ou réduit à une icône, c’est suspect.
- Le discours parle-t-il de transformation intérieure ou de performance ? → Le budo élève l’homme ; le sport le consomme.
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Allez voir, sentez, taisez-vous
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- Rien ne remplace le ressenti sur place.
- Entrez dans le dojo en silence.
- le dojo est seul, qui ne suit l'enseignemnt d'aucun maitre reconnu, libre de pratiquer avec n'importe qui = danger.
- ou plusieurs dojos de divers pays suivent l'enseignement d'un maitre reconnu avec lignée (indice d'uen réelle pratique)
- Référence à un maitre toujours vivant sans aucun contact avec lui ni du professeur ni des élèves = danger
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Observez :
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- le respect mutuel,
- la qualité du silence entre les techniques, lorsque le professeur montre explique
- la manière dont le professeur corrige (avec fermeté ? avec douceur ? avec égo ?).
- Un vrai dojo d’aïkido traditionnel ne crie pas — il rayonne.
8. Faut-il parler japonais pour pratiquer l'aïkido traditionnel ?
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Non, il n’est pas nécessaire de parler ou de comprendre le japonais pour pratiquer l’aïkido traditionnel.
-
mais connaître quelques termes japonais courants est très utile — voire attendu — dans la plupart des dojos, surtout ceux qui respectent les traditions.
Voici pourquoi : -
1. Pratique physique et universelle
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L’aïkido est un apprentissage par le corps physique, comme les postures
en yoga...
On se méfie énormément de son cerveau lorsqu’on pratique l'aïkido...
Nakazono sensei détestait ce qu'il appelait "l'aïkido intellectuel"
L’aïkido repose avant tout sur des mouvements, des techniques corporelles et une philosophie accessible à tous, indépendamment de la langue. Les professeurs adaptent généralement leur enseignement à la langue locale.
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L’aïkido est un apprentissage par le corps physique, comme les postures
en yoga...
On se méfie énormément de son cerveau lorsqu’on pratique l'aïkido...
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2. Terminologie aïkido japonaise courante
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Certains termes techniques (comme dojo, aïkidogi, tatamis, ukemi, nage,
irimi, etc.)
sont souvent utilisés en japonais dans les dojos, mais ils sont rapidement
appris par la pratique et expliqués par les enseignants.
Cela fait partie de la culture martiale, comme dans d'autres pratiques martiales en judo, kendo, karaté. - Pour les formules de politesses civilités
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Certains termes techniques (comme dojo, aïkidogi, tatamis, ukemi, nage,
irimi, etc.)
sont souvent utilisés en japonais dans les dojos, mais ils sont rapidement
appris par la pratique et expliqués par les enseignants.
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Pour les formules de politesses, civilités, "utilisez votre langue"
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vous serez plus précis plus nuancé et vous serez surtout moins ridicule
la langue à ce niveau n'a aucune importance sur votre pratique.
Donc évitez ce que maître Nakazono appelait les « chinoiseries » ce qui était péjoratif dans la bouche de Nakazono sensei -
En Occident, les cours sont donnés dans la langue locale.
Les professeurs utilisent les mots japonais pour expliquer la correspondance de
leurs propos pour désigner des concepts, des références de la tradition ; des
mouvements... précis qui n'existe culturellement pas dans la langue ou la
tradition locale.
Car ils ont la culture, le savoir nécessaire que le pratiquant aura peut-être un jour et à ce moment-là celui-ci verra la cohérence de l'enseignement reçu et pourra l’enseigner à son tour. - Philosophie accessible La dimension philosophique de l’aïkido (harmonie, non-violence, respect) est universelle et ne nécessite pas la maîtrise du japonais pour être comprise et intégrée.
- Vous pouvez commencer et progresser en aïkido traditionnel sans parler japonais. L’important est votre engagement, votre écoute et votre pratique régulière.
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vous serez plus précis plus nuancé et vous serez surtout moins ridicule
la langue à ce niveau n'a aucune importance sur votre pratique.
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Pourquoi le japonais est-il présent en aïkido ?
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- Noms des techniques : ikkyō, nikyō, irimi, tenkan, shihōnage, kotegaeshi, etc.
- Aspects particuliers de la pratique mokuso (méditation), rei (salut), kamiza etc.
- Termes de respect : sensei (enseignant), senpai (élève plus ancien), ōsensei (fondateur).
- Noms des positions et des mouvements : hanmi (posture), ukemi (chutes), tachi (debout), suwari (assis).
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Est-ce qu’on vous demandera de parler japonais ? D'utiliser des formules de politesse japonaises ?
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- Non, car cela n'a aucune incidence sur la pratique et cela ne fait que la compliquer
- Oui,
pour ce qui concerne les commandes de base, les concepts, les prinicpes, les
bases et le vocabulaire technique, que vous
apprendrez progressivement par la pratique.
Car certains mots et certains concepts ont un sens et n'existent pas dans la culture occidentale il n'existe que dans la tradition orientale (do, tao..) ou japonaise (dojo, reishiki, nyumon...).
Ne pas utiliser le terme adéquat serait une pollution de l'aïkido, de l'incompétence, la volonté de dénaturer l'aïkido du fondateur. Voir à ce sujet notre chapitre sur les mots ont un sens.
Exemple un dojo n'est pas un club mais exactement l'inverse à tout point de vue, pourquoi cette erreur tout simplement à cause de votre cerveau et de son fonctionnement voir le chapitre ce sujet.
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Avantages à connaître un peu de japonais
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- Vous serez plus à l’aise dans n’importe quel dojo, y compris lors de stages internationaux.
- Vous comprendrez mieux la culture et la philosophie de l’aïkido.
- Vous gagnerez en adaptation et justesse pendant la pratique, sans avoir à traduire mentalement chaque instruction.
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Il n’est pas requis de maîtriser le japonais
pour commencer ou même pour progresser en aïkido traditionnel, mais apprendre le
vocabulaire de
base fait partie intégrante de la pratique. Parce qu'il n'y a pas d'équivalent
dans la langue du pays.
C’est souvent considéré comme un signe de respect pour l’art et ses origines.
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Tant dans les arts martiaux que dans la vie en général :
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- L’équilibre entre rigueur et humilité,
tradition et adaptation, excès et laxisme.
C’est une quête universelle, surtout dans des disciplines comme l’aïkido, où la philosophie du yin-yang et le concept de juste milieu (ou chu en chinois, chūryū en japonais) sont centraux.
Comme vous le voyez, on peut utiliser des termes orientaux japonais spécifiques dans sa langue sans que cela nuise à la compréhension. Le dire en japonais est parfaitement ridicule, les Japonais comme les Français ne maîtrise pas tout leur langue à plus forte raison si ce n'est pas sa langue maternelle.
Regardez en France des étrangers qui sont là depuis des années et qui sont loin de maîtriser la langue et sa compréhension. Pourtant il vous donne l'impression de parler français. Il en est de même de ceux qui baragouinent du japonais pour vous épater ou se distinguer c'est parfaitement ridicule et superfétatoire.
- L’équilibre entre rigueur et humilité,
tradition et adaptation, excès et laxisme.
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1. Reconnaître les excès
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Les "croyants" qui en font trop :
Certains pratiquants (ou enseignants) ajoutent des rituels, des termes, ou des
attitudes pour se donner
de l’importance, parfois par insécurité ou par méconnaissance de l’essentiel.
Cela peut nuire à la sincérité de la pratique. C'est une pollution... - Les intégristes : À l’inverse, ceux qui refusent toute adaptation, ou toute remise en question, risquent de transformer la tradition en dogme, ce qui est contraire à l’esprit d’évolution et d’harmonie de l’aïkido et de la tradition orientale.
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Les "croyants" qui en font trop :
Certains pratiquants (ou enseignants) ajoutent des rituels, des termes, ou des
attitudes pour se donner
de l’importance, parfois par insécurité ou par méconnaissance de l’essentiel.
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2. Trouver le juste milieu
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Retour à l’essentiel :
L’aïkido traditionnel se concentre sur l’efficacité du mouvement, la
connexion avec le partenaire, et la recherche de l’harmonie.
Pose-toi la question :
"Est-ce que cette attitude, ce geste, ce discours sert vraiment la pratique, ou est-ce que c’est du superflu ?" - Humilité et ouverture : Le juste milieu passe par l’écoute — écouter son corps, son vis à vis, son enseignant, mais aussi les autres pratiquants, sans jugement.
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Adaptation sans trahison :
La tradition orientale n’est pas un musée, mais un arbre vivant, utiles que l'on
retrouve à tous moment.
Elle doit s’adapter aux contextes culturels, nous guider dans nos choix, nous éviter les erreurs, et aux époques, sans perdre ses racines.
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Retour à l’essentiel :
L’aïkido traditionnel se concentre sur l’efficacité du mouvement, la
connexion avec le partenaire, et la recherche de l’harmonie.
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Trouver le juste milieu
touche au cœur même de la voie (dō, 道) telle qu’elle
est conçue dans les traditions orientales, y compris l’aïkido, le taoïsme, le
bouddhisme zen ou même le confucianisme.
2 écueils : -
L’ostentation :
certains pratiquants ou « maîtres » en rajoutent
— rituels rigides, jargon ésotérique, posture de supériorité
— non pas par authenticité, mais pour se valoriser ou dominer. C’est ce que Lao Tseu dénonce dans le Tao Te Ching :
« Celui qui parle beaucoup n’est pas celui qui sait » (chapitre 56). Le vrai savoir se tait souvent. -
L’intégrisme rigide :
d’autres s’enferment dans une lecture littérale, dogmatique, sans souplesse,
sans adaptation au moment présent.
Or, l’essence même du yin/yang est le mouvement, l’équilibre dynamique, non une opposition figée, mai sla complémentarité utile.
Le Tao (do) n’est pas une règle, c’est un flux.
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Trouver le juste milieu
touche au cœur même de la voie (dō, 道) telle qu’elle
est conçue dans les traditions orientales, y compris l’aïkido, le taoïsme, le
bouddhisme zen ou même le confucianisme.
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Le juste milieu : la voie du chūyō (中庸) ou du wabi-sabi
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ans la tradition chinoise,
le Zhongyong (Doctrine du Juste Milieu) enseigne que la vertu réside dans
l’équilibre entre excès et défaut.
C'est à dire l'adaptation.
Au Japon, cette idée se retrouve dans l’idéal du budo (la « voie pour arrêter l'épée ») :
l’aïkido n’est ni combat ni soumission, mais harmonisation.
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ans la tradition chinoise,
le Zhongyong (Doctrine du Juste Milieu) enseigne que la vertu réside dans
l’équilibre entre excès et défaut.
C'est à dire l'adaptation.
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Voici quelques principes pour t’aider à cheminer vers ce juste milieu :
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1. Pratique sans performance
Fais ce que tu fais — que ce soit une technique d’aïkido, une posture de
méditation, ou une
parole — sans chercher à impressionner .
La simplicité est plus proche de la voie (do) que la démonstration.
« Le sage agit sans agir, enseigne sans parler. » — Tao Te Ching, chap. 2 - 2. Souplesse d’esprit Ne confonds pas fidélité à la tradition avec rigidité.
- 3. Observer sans juger
Quand tu rencontres l’excès (chez les autres ou en toi), ne le condamne pas
violemment
— car cela crée un autre excès. Observe, comprends, et recentre-toi.
Le yin contient déjà un peu de yang, et vice versa. Personne n’est totalement dans la vérité ou l’erreur. - 4. Le silence comme guide Parfois, ne rien dire, ne rien faire, attendre — c’est la plus grande sagesse. Le juste milieu n’est pas toujours une action, mais souvent une présence apaisée.
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5. Pratiquer l’humilité active
Non pas se rabaisser, mais reconnaître qu’on ne détient jamais toute la vérité.
C’est dans cette ouverture qu’on devient réceptif au véritable enseignement
— celui qui vient parfois d’un débutant, d’un geste simple, d’un silence partagé.
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1. Pratique sans performance
Fais ce que tu fais — que ce soit une technique d’aïkido, une posture de
méditation, ou une
parole — sans chercher à impressionner .
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3. Conseils pratiques
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Observe et questionne, forge ton jugement :
Si quelque chose te semble excessif ou ridicule, demande-toi
pourquoi cela te dérange.
Est-ce une question de forme ou de fond ? - Cherche des modèles : Identifie des pratiquants ou des enseignants qui incarnent, à tes yeux, cet équilibre. Comment font-ils ?
- Pratique avec sincérité : Le juste milieu ou plus exactement la réponse adaptée, se trouve aussi dans l’action. Plus tu pratiques avec honnêteté, moins tu auras besoin de t’accrocher à des apparences.
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Le juste milieu (adaptation) est un chemin, pas une destination.
C’est une recherche constante, faite de doutes, d’ajustements et de retours à
l’essentiel.
L’aïkido, comme la vie, est une école d’actions et de positions adaptatées au contexte.
Comme une technique d'aïkido : ici maintenant...
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Observe et questionne, forge ton jugement :
Si quelque chose te semble excessif ou ridicule, demande-toi
pourquoi cela te dérange.
9. Si vous décidez de quitter votre dojo, votre maitre
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- Un dojo n'est pas une salle de fitness Quitter un dojo et l'enseignement du maitre de ce dojo est sujet qui touche à des principes fondamentaux de la relation maître-élève dans les arts martiaux traditionnels, ainsi qu’à la notion de liberté, de responsabilité et d’engagement.
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1. Liberté de choix et engagement
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- La liberté dans le dojo n’est pas l’absence de règles, mais le choix éclairé d’un cadre
- « On entre librement dans un dojo à condition d’être accepté par le maître… »
- Dans la tradition martiale japonaise (budō), le dojo n’est pas un lieu public ouvert à tous au sens commercial ou démocratique. C’est un espace de transmission, fondé sur une relation de confiance et de respect hiérarchique entre le maître (sensei) et l’élève (deshi).
- Entrer librement signifie que personne ne vous y force : vous choisissez délibérément de vous soumettre à une discipline, à un enseignement, et à une autorité morale.
- Être accepté par le maître reflète l’idée que le maître a le droit — et même le devoir — de ne pas accepter une personne qui ne correspond pas à l’esprit du dojo (manque de respect, attitude inappropriée, motivations erronées, dangereux pour lui ou la société etc.).
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Cela n’est pas sectaire,
car il n’y a ni enfermement ni manipulation :
la porte est ouverte à ceux qui comprennent et acceptent les valeurs martiales. - La secte impose ; le dojo propose — mais exige dêtre conforme à ses choix.
- "Ne pas respecter ses choix, c'est ne pas se respecter soi-même … " Tamura sensei
- Liberté initiale :
- Le pratiquant est libre de choisir son dojo et son maître, ce qui est cohérent avec l’idée que la pratique martiale est un chemin personnel, non imposé.
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Engagement mutuel :
Une fois le choix fait, l’engagement envers le maître et le dojo
implique une forme de loyauté et de respect des règles établies.
Cela reflète la tradition martiale, où la transmission du savoir repose sur une relation de confiance et de discipline. -
Pourquoi ?
La liberté ne signifie pas l’absence de cadre, mais la possibilité de s’engager
pleinement dans un système choisi.
Quitter un dojo est un droit, mais y revenir après un départ ne peut être un dû, car cela remettrait en cause la cohérence du groupe et la confiance entre le maître et ses élèves.
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2. Responsabilité et conséquences
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- Respect du jugement martial : Dans un dojo traditionnel, chaque geste, chaque décision a des conséquences. Cela forme le caractère et enseigne la responsabilité.
- Pas de droit à l’erreur : Cette formulation peut sembler radicale, mais elle souligne que la pratique martiale exige de la rigueur. Une erreur de jugement (comme quitter un dojo sans réflexion) peut être perçue comme un manque de maturité ou de respect, ce qui est incompatible avec l’esprit martial.
- Pourquoi ? Un dojo n’est pas un club de loisirs, mais un lieu où l’on apprend à maîtriser son corps, son esprit et ses émotions. La liberté y est encadrée par des valeurs fortes : persévérance, humilité, respect.
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3. Opportunisme et cohérence
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- Incompatibilité avec l’opportunisme : Un pratiquant qui change de dojo selon ses humeurs ou ses intérêts immédiats montre un manque de profondeur dans sa recherche martiale.
- Jugement fondamental : Le maître évalue non seulement la technique, mais aussi l’attitude et la sincérité de l’élève. Un comportement opportuniste est un signe d’instabilité, ce qui est contraire à l’esprit des arts martiaux.
- Pourquoi ?La pratique martiale traditionnelle vise à forger l’individu dans la durée. L’opportunisme est vu comme une faiblesse, car il empêche la construction d’une relation maître-élève solide et sincère.
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4. Refus de réintégration
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- Cohérence du maître : Accepter de reprendre un élève après un départ peut envoyer un message de laxisme aux autres pratiquants, et affaiblir l’autorité du maître.
- Respect de la décision initiale : Si l’élève a quitté le dojo, c’est qu’il a estimé que ce n’était plus le bon chemin pour lui. Le maître n’a pas à remettre en cause sa propre décision ou à douter de son jugement initial.
- Pourquoi ? La crédibilité du maître et la stabilité du dojo reposent sur la fermeté et la cohérence de ses choix. Réintégrer un élève après un départ pourrait être perçu comme une faiblesse, ou comme une remise en cause des valeurs du dojo.
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Le droit de partir implique aussi le droit pour le maître de ne pas vous reprendre
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« Lorsqu’on a quitté un dojo c’est que cela ne nous convient plus…
il n’y a donc aucune raison pour que le maître… accepte de vous prendre de
nouveau comme élève. »
C'est la décision de l'élève de quitter le dojo et pas celle du maître. -
L'autorité dans un dojo c'est le maître qui la détient et pas
l'élève,
c'est
pour cela que l'élève n'est autorisé à entrer dans le dojo qu'avec
l'autorisation du maître et celle-ci et remise en question à chaque cours…
Vous arrivez en retard vous demandez l'autorisation de rentrer dans le dojo.
Ce n'est pas une simple formule de politesse, c'est le rappel que dans le dojo c'est le maître qui décide et lui seul.
Le maître n'a pas à se justifier auprès de l'élève, nous ne sommes pas dans un fonctionnement démocratique, les mots ont un sens le nom de l’élève montei, monka … voir le chapitre. - "Il n'y a rien de démocratique dans le fonctionnement d'un dojo" Tamura sensei
- Voir un fonctionnement démocratique dans un dojo c'est de l'ignorance et de l'incompétence.
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« Lorsqu’on a quitté un dojo c’est que cela ne nous convient plus…
il n’y a donc aucune raison pour que le maître… accepte de vous prendre de
nouveau comme élève. »
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Ces aspects se justifient par la nature même des arts
martiaux traditionnels :
ils ne sont pas une simple activité physique, mais une
voie d’éducation, de discipline et de développement personnel.
La liberté y est indissociable de la responsabilité, et l’engagement y est aussi important que la technique. - Un dojo n’est pas une secte, car on y entre et on en sort librement, mais une fois engagé, on doit en respecter les règles et les valeurs.
- Ces propos défendent une vision exigeante mais cohérente de la pratique martiale traditionnelle :
- La liberté est choix éclairé, non absence de conséquences.
- Le dojo est un espace sacré de transmission, non un lieu de consommation.
- Le maître a le devoir de préserver l’intégrité de la voie, même au prix de refuser certains élèves.
- Dans ce cadre, l’erreur n’est pas interdite, mais elle doit être assumée.
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Ces aspects se justifient par la nature même des arts
martiaux traditionnels :
ils ne sont pas une simple activité physique, mais une
voie d’éducation, de discipline et de développement personnel.
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Quitter un dojo ou l’enseignement d’un maître n’est pas un acte neutre ou anodin.
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- Dans le cadre de l’aïkido traditionnel, et plus largement des arts martiaux japonais (budō), quitter un dojo ou l’enseignement d’un maître n’est pas un acte neutre ou anodin.
- C’est une décision qui engage non seulement la personne, mais aussi sa relation à la voie (dō), à la communauté et à l’héritage de l’enseignement.
- Il existe plusieurs manières de quitter un dojo, qui varient en fonction des raisons, de la manière dont cela est fait, et de l’attitude morale du pratiquant.
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1. Le départ respectueux et explicite (le plus conforme à l’éthique martiale)
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- Comment : L’élève informe personnellement le maître de sa décision, généralement en tête-à-tête, avec humilité. Il exprime sa reconnaissance pour l’enseignement reçu, même s’il est incomplet.
- Raisons : Déménagement, changement de vie (famille, santé, carrière), ou simple fin d’un cycle.
- Attitude attendue : Respect, gratitude (on : la dette de reconnaissance), et cohérence.
- Conséquence : Ce type de départ est respecté, même s’il laisse une trace. Le maître peut accepter un retour ultérieur, si la démarche est sincère et si l’élève a mûri.
- C’est le départ d’un deshi (disciple) conscient de ses engagements.
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2. Le départ silencieux ou progressif (ambigu, souvent mal perçu)
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- Comment : L’élève cesse progressivement de venir sans prévenir, ou disparaît sans explication.
- Raisons : Perte d’intérêt, conflit non exprimé, découragement, ou incompréhension de la discipline.
- Attitude perçue : Fuite, manque de courage, immaturité.
- Conséquence : Considéré comme un manque de respect, voire une rupture implicite du lien. Le maître le perçoit souvent comme un abandon de la voie, pas juste du dojo.
- Dans certaines écoles ou dojo, cela équivaut à une rupture définitive du lien maître-élève.
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3. Le départ conflictuel ou par rejet (le plus grave)
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- Comment : L’élève critique publiquement le maître, l’enseignement ou les camarades, quitte souvent en colère, ou rejoint un autre dojo en dénigrant le précédent.
- Raisons : Désaccord technique, ego blessé, ambition non satisfaite (grade, reconnaissance), ou incompréhension du rôle de l’autorité dans la transmission.
- Attitude perçue : Trahison, orgueil (gaman non développé), manque de loyauté.
- Conséquence : Dans la tradition, ce type de départ entache la réputation morale du pratiquant. Le retour est quasiment impossible, car la confiance est rompue. Le maître ne verra plus en lui un futur disciple, mais un élément de désordre.
- C’est ce que l’on appelle parfois « couper le fil » (kiri) — et dans les arts martiaux, ce fil est fragile et sacré.
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4. Le départ par exclusion (décision du maître) MonzenbaraÏ
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- Comment : Le maître informe l’élève qu’il n’est plus le bienvenu, souvent après plusieurs avertissements implicites ou explicites.
- Raisons : Comportement irrespectueux, manque de discipline, attitude toxique, manipulation, ou atteinte à l’esprit du dojo (dojo kun).
- Attitude du maître : Fermeté guidée par la responsabilité de protéger l’enseignement et le groupe.
- Conséquence : L’élève est hors du cercle de transmission. Cela n’est pas une punition personnelle, mais une protection de la voie.
- Dans certaines écoles ou dojo, cela implique la perte symbolique du grade ou du lien avec la lignée.
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5. Le départ temporaire (pause) (toléré, mais encadré)
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- Comment : L’élève informe le maître qu’il doit interrompre sa pratique pour une période déterminée (études, santé, obligations familiales), avec l’intention claire de revenir.
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Attitude attendue :
Honnêteté, planification, maintien du respect à distance.
Verse sa cotisation même symbolique pour indiquer son appartenance au dojo. - Conséquence : Accepté si la communication est claire. Le lien n’est pas rompu, mais mis « en sommeil ».
- Dans les écoles très traditionnelles, même une pause longue peut nécessiter une demande formelle de reprise.
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L’aïkido en particulier
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- L’aïkido, fondé par Morihei Ueshiba (O-Sensei), insiste sur des valeurs comme l’harmonie, la non-opposition, le respect de l’autre, et l’union corps-esprit.
- Cela rend encore plus grave un départ marqué par la critique, la colère ou le rejet.
- Un pratiquant d’aïkido qui quitte son maître en semant la discorde agit contre l’esprit même de l’aïkido (ai = harmonie, ki = énergie, dō = voie).
- Comme le disait souvent Kisshomaru Ueshiba : « L’aïkido n’est pas une technique, c’est une attitude. »
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- Dans l’aïkido traditionnel, quitter un maître n’est pas interdit, mais comment on le fait définit qui l’on est.
- La voie martiale exige intégrité, loyauté et humilité — même dans le départ. Ce n’est pas une question de possession, mais de respect du lien sacré entre enseignement, maître et élève.
- Comme le dit un proverbe japonais : 「一度入った門は、軽々しく出てはならぬ」
- « La porte que l’on a franchie ne se quitte pas à la légère ».
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Exclusion conflictuel (dojo kun.): attitude du maitre
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- Cas le plus courant souvent ce sont des problèmes d'égo mal contrôler de l'élève d'où le conflit, un comportement irrespectueux.
- Le maître ne doit ni ignorer ni se taire face à un comportement irrespectueux, un manque de discipline, une attitude toxique, de la manipulation ou toute atteinte à l’esprit du dojo.
- Bien au contraire : son devoir premier est d’intervenir, car il est le gardien de l’intégrité de la voie (dō), de l’enseignement, et de la communauté des pratiquants. Qu'importe les critiques.
- Voici donc pourquoi et comment le maître traditionnel doit réagir, en accord avec l’éthique martiale — notamment dans le cadre de l’aïkido traditionnel :
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1. Le rôle du maître : gardien du dojo
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- Le dojo (les préceptes du dojo) n’est pas une simple affiche murale, un terme : c’est le fondement moral de la pratique. Il incarne des valeurs telles que :
- Respect du dojo, du maitre (sonkei),
- Honnêteté (seijitsu),
- Effort (doryoku),
- Modestie (kenkyo),
- Courage moral (yuuki).
- Ignorer une violation répétée de ces principes reviendrait à trahir la voie elle-même.
- Le maître a donc l’obligation éthique de corriger, guider ou, si nécessaire, exclure.
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2. Les étapes de la réponse du maître
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a) L’observation silencieuse (au début)
- Le maître observe attentivement. Il ne réagit pas à la première faute, car l’erreur fait partie de l’apprentissage.
- Il cherche à comprendre : est-ce de l’ignorance ? de la maladresse ? ou une intention délibérée ?
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b) La correction douce mais ferme
- Par une parole posée, un regard, ou une mise en situation (par exemple en demandant à l’élève de répéter un exercice avec plus d’humilité).
- Il peut aussi user du shitsuke (éducation par la discipline) : assigner des tâches (nettoyage du dojo, service) pour rappeler l’esprit de service et d’humilité.
- En aïkido, la correction ne vise pas à humilier, mais à réveiller la conscience.
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c) L’avertissement direct
- Si le comportement persiste, le maître convoque l’élève en privé.
- Il lui rappelle clairement les valeurs du dojo et l’impact de ses actes sur le groupe.
- Il peut suspendre temporairement l’accès aux cours ou aux grades.
- Ce moment est sacré : ce n’est pas une punition, mais une invitation à la réflexion profonde.
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d) L’exclusion (en dernier recours)
- Si l’élève persiste dans l’attitude toxique, manipulatrice ou irrespectueuse, le maître doit le renvoyer.
- Ce n’est pas un acte de colère, mais un acte de protection :
- Protection des autres élèves,
- Protection de la transmission de l’art,
- Protection de l’intégrité morale du maître lui-même.
« Un mauvais élève corrompt tout le dojo. »
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❌ Pourquoi ne pas ignorer ?
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- Le silence est complicité et lâcheté : Ignorer un comportement toxique envoie le message que tout est permis.
- Le dojo n’est pas un espace neutre : C’est un microcosme éthique. Si l’on tolère la manipulation ou le mépris, on détruit l’esprit même de l’aïkido (ai = harmonie).
- Le maître perd sa légitimité : S’il ne défend pas les valeurs qu’il est censé incarner, il cesse d’être un sensei (« celui qui est né avant », c’est-à-dire un guide moral).
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Mais attention : la fermeté doit rester dans l’esprit de l’aïkido
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- L’aïkido n’est pas fondé sur la domination, mais sur la transformation du conflit en harmonie.
- Même dans l’exclusion, le maître agit sans haine, sans vengeance, mais avec tristesse et clarté.
- Il ne détruit pas la personne — il met fin à la relation pédagogique, car elle est devenue incompatible avec la voie.
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Comme disait O-Sensei :
« Celui qui cherche à dominer n’a pas compris l’aïkido. » - Cela vaut aussi pour le maître : corriger sans dominer, exclure sans détruire.
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- Le vrai maître n’est pas celui qui garde tout le monde, mais celui qui préserve la voie — même au prix de la solitude.
- C’est cela, l’essence du sensei : servir la voie, pas se faire aimer.
10. Règlement intérieur, reishiki
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Le règlement intérieur d’un dojo d’aïkido traditionnel, bien qu’imposé par la
loi (notamment la loi française de 1901 pour les associations), ne doit pas être
perçu comme une contrainte administrative vide de sens, mais comme une
expression concrète
— voire "une opportunité d'enseignement"
— du "reishiki" (l’étiquette martiale) et du dō (la Voie).
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Le règlement intérieur d’un dojo d’aïkido traditionnel, bien qu’imposé par la
loi (notamment la loi française de 1901 pour les associations), ne doit pas être
perçu comme une contrainte administrative vide de sens, mais comme une
expression concrète
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1. Le règlement intérieur : une nécessité légale… mais aussi une opportunité d'enseignement
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- En France, toute association loi 1901 qui accueille du public (notamment des mineurs) doit disposer d’un règlement intérieur.
- Ce document encadre :
- Les horaires,
- Les tenues,
- Le paiement des cotisations,
- Les sanctions en cas de comportement inapproprié,
- Les règles d’hygiène et de sécurité, etc.
- À première vue, cela peut sembler froid, bureaucratique, voire étranger à l’esprit de l’aïkido.
- Mais dans un dojo traditionnel, ce règlement ne doit pas être une simple copie de modèle juridique :
- Il doit être rédigé à partir de l’esprit du dojo (les préceptes du dojo) et du reishiki (l’étiquette martiale).
- Ainsi, il devient le premier outil d’éducation du pratiquant, surtout du débutant.
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2. Le règlement intérieur comme introduction au reishiki
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Le reishiki (礼式) — souvent traduit par « étiquette », « protocole » ou « forme
respectueuse
» — n’est pas une affaire de formalisme vide, mais l’expression visible du respect
intérieur.
Dans un dojo traditionnel, le reishiki inclut :- La manière de saluer (rei),
- La façon de se tenir debout ou assis (seiza, mokuso),
- Le silence en entrant/sortant du tapis,
- Le respect de la hiérarchie du dojo, du maître, du partenaire,
- L’entretien du keiko-gi et du dojo.
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Le règlement intérieur donne une forme concrète à ces principes.
Par exemple :
- « Le keiko-gi doit être propre » → respect du lieu et de soi.
- « On ne parle pas pendant la démonstration du sensei » → écoute profonde (chinkon).
- « On s’excuse si l’on arrive en retard » → conscience de l’impact de ses actes sur le groupe.
- Ces règles ne sont pas des interdictions, mais des invitations à la présence.
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3. Un règlement figé ? Non : une base qui évolue avec la pratique
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Un point crucial :
Plus on avance dans la Voie (dō), moins on a besoin de règles extérieures… mais
plus on les incarne intérieurement.
C’est pourquoi :- Pour le débutant, le règlement est clair, explicite, voire rigide : il structure l’entrée dans l’univers martial.
- Pour l’élève confirmé, le règlement devient secondaire, car le reishiki est devenu naturel — il agit par conscience, non par obligation.
- Pour le maître, le règlement est presque invisible, car chaque geste est dō.
- Ainsi, le règlement n’est pas une erreur : c’est une rampe d’entrée vers une liberté intérieure plus grande.
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Il serait en revanche une erreur de :
- Le réduire à une simple obligation administrative,
- Ne jamais l’expliquer dans sa dimension éthique,
- Le laisser inchangé alors que le dojo évolue spirituellement.
- Un bon maître actualise discrètement le règlement, non pas en le réécrivant chaque mois, mais en l’animant par son exemple et ses corrections par sa pratique.
-
4. Exemple concret : deux façons de lire une même règle
-
« Il est interdit de porter des bijoux pendant le cours. »
- Lecture administrative : c’est une règle de sécurité (éviter les blessures).
- Lecture martiale : c’est un rappel à la simplicité, à la non-ostentation, à la neutralité du corps sur le tatami. Le dojo n’est pas un lieu de monstration sociale, mais de retour à l’essentiel.
- La même règle, deux niveaux de compréhension — selon le degré de maturité du pratiquant.
-
5. Le piège à éviter : la confusion entre « règle » et « esprit »
-
Le danger n’est pas le règlement lui-même, mais :
- Le formalisme vide : suivre les règles sans comprendre leur sens.
- Le rejet précipité : croire qu’« être libre dans le dō » signifie « ne plus respecter les formes ».
- Comme le disait souvent le maître aïkidoka Gozo Shioda :
« Le vrai respect n’est pas dans le geste, mais dans l’intention qui le porte. » - Mais… on ne peut manifester une intention juste sans le geste juste. La forme nourrit l’esprit, et l’esprit anime la forme.
-
6. Le règlement intérieur, reflet terrestre du dō
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- Une traduction concrète du reishiki,
- Un outil d'enseignement pour le débutant,
- Une protection de l’esprit du dojo contre la banalisation,
- Un pont entre la société civile (loi 1901) et la voie martiale (loi du dō).
- Il ne s’agit pas de le figer, mais de l’habiter. Ni de l’idolâtrer, ni de le mépriser — mais de le comprendre comme le premier kata du pratiquant.
- Car même avant le premier ukemi, il y a le respect du seuil.
- Et ce seuil, parfois, porte une affiche : « Règlement intérieur ».
11. Concilier démocratie et tradition (statuts)
-
On va voir que c'est possible et courant !
-
- Comment concilier la structure juridique démocratique (association loi 1901)
avec la pratique traditionnelle d’un art martial comme l’aïkido, où la relation
maître-élève, le rôle du maitre et la hiérarchie sont fondamentales ?
Voici une analyse pratique et des pistes pour résoudre cette apparente contradiction, en respectant à la fois la loi française et l’esprit de l’aïkido traditionnel.
- Comment concilier la structure juridique démocratique (association loi 1901)
avec la pratique traditionnelle d’un art martial comme l’aïkido, où la relation
maître-élève, le rôle du maitre et la hiérarchie sont fondamentales ?
-
1. Comprendre les exigences légales (loi 1901)
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Association = contrat démocratique :
- En France, une association loi 1901 est un contrat entre membres, fondé sur des statuts et un règlement intérieur.
- Elle repose sur des principes démocratiques : assemblée générale, bureau élu, transparence financière, etc.
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Objet : Vous pouvez inscrire dans les statuts :
"Pratique et enseignement de l’aïkido traditionnel dans le respect de ses
valeurs et de sa transmission"
— cela pose aucun problème juridique. - Risque apparent : La démocratie associative semble incompatible avec la hiérarchie traditionnelle (décisions unilatérales du maître, absence de "vote" sur la technique ou la pédagogie).
-
2. Distinguer gouvernance administrative et gouvernance martiale
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La clé réside dans la séparation claire entre :
- La gestion administrative (association loi 1901) : Budget, cotisations, location du dojo, assurances, événements publics, etc. Ici, la démocratie s’applique : assemblée générale, bureau élu, comptes rendus.
- La pratique martiale et pédagogique (aïkido traditionnel) :Enseignement, grades, discipline, étiquette, choix des élèves, etc. Ici, c’est le maître (ou le responsable technique) qui décide, selon la tradition.
- Exemple concret :
- Le bureau de l’association (président, trésorier, secrétaire) gère les aspects logistiques et financiers, mais ne s’immisce pas dans les choix pédagogiques ou techniques.
- Le maître est nommé dans les statuts ou le règlement intérieur comme "responsable technique et pédagogique", avec une autonomie totale sur l’enseignement.
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3. Comment rédiger les statuts et le règlement intérieur ?
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Dans les statuts (loi 1901) :
-
- Objet : "Pratique et enseignement de l’aïkido traditionnel, dans le respect de ses valeurs et de sa transmission, selon les principes fixés par le responsable technique."
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Organisation :
- Un bureau élu (président, trésorier, secrétaire) pour la gestion administrative.
- Un "responsable technique" (le maître ou son représentant) désigné pour tout ce qui concerne l’enseignement, les grades, la discipline.
- Le responsable technique peut être nommé à vie ou selon des modalités précisées (ex : par le maître fondateur, par une école martiale traditionnelle, etc.).
-
Dans le règlement intérieur :
-
- Préciser que "les décisions pédagogiques et techniques relèvent exclusivement du responsable technique", et que les membres s’engagent à respecter cette autorité dans le cadre de la pratique martiale.
- Définir clairement les règles d’étiquette, de discipline, et les conséquences en cas de manquement.
-
Astuce :
Certains dojos traditionnels en France utilisent la formule :
"L’association reconnaît [Nom du maître] comme responsable technique et pédagogique, dont l’autorité en matière d’enseignement et de discipline est souveraine et ne peut être remise en cause par les instances administratives."
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4. Gérer les conflits potentiels
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- Transparence : Expliquer dès l’inscription aux nouveaux membres la distinction entre gestion administrative et pratique martiale, et l’importance de la hiérarchie traditionnelle.
- Adhésion volontaire : Les statuts et le règlement intérieur sont signés par chaque membre, qui accepte ainsi les règles du dojo.
- Recours : En cas de désaccord sur la pratique martiale, le membre est libre de quitter le dojo (liberté individuelle), mais ne peut imposer un changement de pédagogie ou de discipline par vote.
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5. Exemple de fonctionnement concret
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- Assemblée générale : On vote le budget, l’organisation d’un stage, l’achat de matériel… mais pas la façon d’enseigner un mouvement ou de sanctionner un manque de respect.
- Décision du maître : Si un élève est exclu pour comportement incompatible avec l’esprit de l’aïkido, cette décision est souveraine et ne peut être contestée par l’AG.
- Responsable technique : Il peut être membre du bureau (ex : vice-président), mais son rôle pédagogique est distinct et protégé.
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6. Que dit la loi ?
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- La loi 1901 n’impose pas que toutes les décisions soient démocratiques.
- Elle impose seulement que les statuts définissent clairement les règles de fonctionnement et que les membres les acceptent.
- La liberté associative permet d’organiser l’association comme on le souhaite, tant que cela reste légal et transparent.
-
Conclusion : C’est possible et courant !
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Beaucoup de dojos traditionnels en France (aïkido, kendo, iaido, etc.) fonctionnent
ainsi :
- Structure administrative démocratique (pour respecter la loi).
- Autorité pédagogique traditionnelle (pour respecter l’art).
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Le secret ?
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- Séparer les rôles (administratif vs martial).
- Être transparent avec les membres.
- Rédiger des statuts et un règlement intérieur clairs.
12. Site web du dojo :
comment reconnaitre un site de dojo d'aïkido traditionnel
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- Voici les éléments clés qui doivent figurer sur un site d’aïkido traditionnel EPA-ISTA sous la direction d’Alain Peyrache Sensei, et qui le distinguent radicalement d’un site d’aïkido fédéral ou sportif.
- Ces éléments permettent, dès le premier coup d’œil, d’identifier un dojo traditionnel et authentique, par opposition à une structure sportive ou fédérale :
- Sinon méfiance
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1. Présentation claire de la filiation et de la légitimité
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- Lignée directe avec le fondateur : Un schéma ou un texte explicite montrant la filiation directe avec O-Sensei Morihei Ueshiba, en passant par les maîtres intermédiaires (ex : Alain Peyrache Sensei ou l'un de ses élèves professeur EPA-ISTA).
- Mention explicite de l’EPA-ISTA : L’affiliation à l’EPA-ISTA doit être mise en avant.
- Absence de référence à une fédération sportive française : Aucun logo, mention ou lien vers la FFAB, la FFAAA, ou toute autre fédération sportive.
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2. Un seul professeur responsable du dojo
-
- Un seul enseignant principal : le maitre du dojo Le site doit clairement indiquer qu’il n’y a qu’un seul professeur responsable du dojo, titulaire d’un grade et d’une reconnaissance directe de son maître (ici, Alain Peyrache Sensei).
- Pas de rotation d’enseignants : Contrairement aux dojos fédéraux où plusieurs professeurs peuvent se relayer, le dojo traditionnel est dirigé par un seul maître, garant de la cohérence de l’enseignement.
-
Des uchi deshi le remplace, assurent certains cours pour
leur formation, mais
ce ne sont pas des professeurs du dojo.
Principe japonais "un maitre un dojo".
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3. Relation maître-élève
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- Engagement et transmission : Texte ou page dédiée expliquant la relation maître-élève, l’importance de la transmission directe, et l’engagement sur le long terme.
- Pas de “cours à la carte” : L’aïkido traditionnel ne se pratique pas comme une activité sportive, mais comme un chemin (do) sous la guidance d’un maître.
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4. Grades et reconnaissance
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- Grades délivrés par le maître :
-
Les ceintures noires et les dan sont remis par Alain
Peyrache Sensei,
et non par une commission administrative d'inconnus (fédérations sportives).
A distinguer des grades internes de dojo décerné par le professeur du dojo et enregistré comme tel par l'EPA. C'est clairement indiqué sur le diplôme qui n'est pas identique. - Pas de diplômes fédéraux : Les grades ne sont pas reconnus par une fédération, mais par la lignée et l’école (EPA-ISTA).
-
Exigence et sérieux :
Mention que les passages de grade sont exigeants, basés sur la pratique, la compréhension et la relation avec le maître, et non sur des critères sportifs ou administratifs. - Les menkyo
sont décernés par Alain Peyrache sensei.
Alain Peyrache sensei n’attribue grades et diplômes qu’aux personnes qu’il connaît personnellement, à l’image de tous les véritables sensei, car chaque diplômé incarne et véhicule son enseignement.
Il faut donc assiter à ses cours régulièrement (stages) et connaitre sa place.
Dans la pratique martiale, il n’est pas question d’accorder sa confiance à l’aveugle : chaque reconnaissance est le fruit d’une relation directe et d’une connaissance approfondie de l’élève.
Voir le chapitre menkyo.
-
5. Vocabulaire et philosophie
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- Terminologie traditionnelle : Utilisation des termes japonais (dojo, sensei, shihan, keiko, etc.) et explication de leur sens profond.
-
Absence de compétition :
L’aïkido traditionnel n’a pas de compétition, de championnats, ou
de classement sportif. Il ne saurait participer aux jeux de Pékin, Moscou etc.
ou une quelconque exhibition sportive.
Pour info Tamura sensei avait refusé de faire Bercy pour ces mêmes raisons... - Pratique martiale et spirituelle : Insistance sur l’aspect martial (budo), la recherche de l’harmonie, le développement personnel, et non sur la performance ou la compétition ou l'exhibition sportive.
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6. Graphisme et ambiance du site
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- Photos et vidéos du maître et de sa lignée : Images du dojo, du professeur, de stages avec Alain Peyrache Sensei.
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Pas de publicités pour des compétitions ou des événements sportifs :
Le site ne doit pas promouvoir de tournois, de grades fédéraux, ou d’événements
“grand public”.
Bercy, jeux...
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7. Contenu pédagogique et ressources
-
- Articles ou vidéos sur la philosophie de l’aïkido : Textes sur l’histoire de l’aïkido, la pensée d’O-Sensei, la voie martiale.
- Témoignages d’élèves : Récits d’élèves sur leur parcours, leur relation avec le maître, leur progression.
- Pas de tarifs “low-cost” ou d’abonnements sportifs : La pratique est présentée comme un engagement, pas comme une activité de loisir ou de consommation.
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8. Contact et accès
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- Accès pour entretien ou période d’essai :
Le dojo traditionnel n’est pas ouvert à tous sans
discernement ;
il faut l'autorisation du maitre du dojo pour entrer dans le dojo, même pour regarder. - Pas d’inscription en ligne standardisée : On ne s’inscrit pas comme dans une salle de sport, mais après rencontre avec le professeur.
- Accès pour entretien ou période d’essai :
Le dojo traditionnel n’est pas ouvert à tous sans
discernement ;
-
Exemple de page d’accueil type
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- Dojo [Nom] – Aïkido Traditionnel EPA-ISTA Sous la direction de [Nom du professeur], élève direct d’Alain Peyrache Sensei (diplômé EPA-ISTA).
- Notre lignée : [Schéma ou texte] O-Sensei → Alain Peyrache Sensei → [Nom du professeur].
- Notre pratique :
L’aïkido est un budo, une voie martiale et spirituelle.
Ici, pas de compétition, pas de grades fédéraux, mais un enseignement authentique, transmis de maître à élève. - Rejoignez-nous : Pour commencer, venez observer un cours et rencontrer le professeur.
-
En résumé :
-
- Un site d’aïkido traditionnel EPA-ISTA se reconnaît à sa filiation claire, la présence d’un seul maître, l’absence de référence fédérale ou sportive, et une philosophie centrée sur la transmission, la relation maître-élève et la pratique martiale.
- Tout ce qui évoque le sport, la compétition, ou une gestion administrative des grades doit être absent.
- Juste une relation personnelle "maitre / élève"
13. Différence entre le maître du dojo et un uchi deshi
dans un dojo d’aïkido traditionnel
- Voici comment expliquer simplement la différence entre le maître du dojo un uchi deshi et un soto deshi, dans un dojo d’aïkido traditionnel, ainsi que pourquoi la confusion est fréquente pour un néophyte :
-
1. Le maître du dojo
-
-
Rôle :
C’est le responsable ultime du dojo, celui qui en porte la vision, la lignée
technique et l’autorité morale.
Il a sa place dans la lignée de l'école martiale. - Fonction : Il définit l’enseignement, la philosophie du dojo. Même s’il ne donne pas tous les cours, c’est sous son autorité que tout se déroule. Pour assumer ce rôle, il a donc un pouvoir de décision absolu dans le dojo sinon ce n'est pas possible.
- Symbole : Il incarne la transmission directe de l’art, lié à une lignée remontant au fondateur (Morihei Ueshiba).
- Présence : Il peut être absent (voyages, stages, etc.), mais reste la référence absolue.
-
Rôle :
C’est le responsable ultime du dojo, celui qui en porte la vision, la lignée
technique et l’autorité morale.
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2. L’uchi deshi
-
-
Rôle :
Littéralement “élève de l’intérieur”, c’est un pratiquant avancé sur la voie qui
vit ou s’entraîne intensément au dojo.
D'une fiabilité à toute épreuve.
Il est formé pour enseigner sous la supervision du maître. - Fonction : Il remplace le maître en son absence ou sur sa demande, mais toujours en son nom. Il n’a pas l’autorité pour modifier l’enseignement ou la direction du dojo.
- Symbole : Il est un relais, un assistant, pas un maître à part entière. Son enseignement reflète le plus fidèldment posssible celui du maître du dojo.
- Exemple Tamura sensei uchi deshi de O sensei était surnommé "copie conforme..."
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Rôle :
Littéralement “élève de l’intérieur”, c’est un pratiquant avancé sur la voie qui
vit ou s’entraîne intensément au dojo.
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Pourquoi la confusion est fréquente ?
-
-
Apparence :
Un uchi deshi peut donner des cours réguliers, porter ou pas une ceinture noire,
et
sembler très compétent.
Pour un débutant, il est difficile de distinguer qui est “le patron”. -
Tradition discrète :
Dans l’aïkido traditionnel, on ne porte pas de badge “maître” ou
“remplaçant”.
La hiérarchie se voit dans le fonctionnement :
place dans le dojo, façon de saluer, rôle lors des cérémonies, etc. - Absence du maître : Si le maître est souvent absent, les élèves s’habituent à voir l’uchi deshi enseigner et peuvent croire que c’est lui le responsable.
- Culture japonaise : La déférence et le respect envers tout enseignant (même un uchi deshi) brouillent les repères pour un Occidental.
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Apparence :
Un uchi deshi peut donner des cours réguliers, porter ou pas une ceinture noire,
et
sembler très compétent.
-
Exemple concret :
À l’époque de Morihei Ueshiba, des uchi deshi comme Nobuyoshi Tamura enseignaient régulièrement en son nom, mais personne ne les confondait avec le fondateur lui-même. -
Comment reconnaître le maître ?
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- Il est généralement présenté comme tel lors des cérémonies ou sur le site du dojo.
- Les autres enseignants, les ushi deshi le mentionnent comme leur maître.
- Par le comportement des élèves et le respect particulier que chacun lui confère
- Dans le contexte d’un dojo d’aïkido traditionnel, le soto deshi (外弟子) s’oppose à l’uchi deshi (内弟子) et occupe une place distincte, tant dans la hiérarchie que dans la relation au maître et au dojo. Voici comment le situer clairement :
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1. Soto deshi : définition et rôle
-
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Définition :
Littéralement “élève de l’extérieur”, c’est un pratiquant régulier du dojo qui
n’y vit pas et ne suit pas un entraînement intensif comme l’uchi deshi.
Il vient s’entraîner, progresser, auprès de la reférence (le maitre du dojo) mais ne participe pas à la gestion ou à l’enseignement du dojo de manière formelle. - Statut : Il est un élève “classique”, même s’il peut être haut placé dans la lignée et expérimenté.
- Engagement :
Il suit les cours, respecte la hiérarchie, mais n’a pas de rôle officiel dans
la transmission ou l’organisation du dojo.
Car il est issu d'un autre dojo et d'un autre professeur en général un élève du maitre du dojo.
-
Définition :
Littéralement “élève de l’extérieur”, c’est un pratiquant régulier du dojo qui
n’y vit pas et ne suit pas un entraînement intensif comme l’uchi deshi.
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2. Différences clés avec l’uchi deshi
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Critère Uchi deshi Soto deshi Engagement Entraînement intensif, quotidien Entraînement régulier, mais pas exclusif Lieu de vie Vit souvent au dojo ou à proximité Vit à l’extérieur Relation au maître Relation de disciple direct Relation d’élève, moins intensive Responsabilités Gestion du dojo, transmission Aucune responsabilité administrative ou pédagogique Rôle Peut enseigner, assister le maître Pratique, ne participe pas à l’enseignement officiel -
3. Pourquoi cette distinction est importante
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- Transmission : Seuls les uchi deshi sont formés pour perpétuer l’enseignement du maître. Les soto deshi, même très gradés, ne sont pas investis de cette mission.
- Hiérarchie : Dans un dojo traditionnel, un uchi deshi, même jeune, aura souvent plus d’autorité qu’un soto deshi gradé, car il incarne la lignée directe.
- Culture : Cette distinction reflète la tradition japonaise où la transmission se fait dans l’intimité et la proximité (uchi = intérieur, soto = extérieur).
-
4. Exemple concret
-
- Uchi deshi : Un élève qui vit au dojo, nettoie les tatamis chaque matin, assiste le maître pendant les cours, et enseigne en son absence.
- Soto deshi : Un pratiquant qui vient 3 fois par semaine, suit les cours, mais retourne chez lui ou dans son dojo entre temps.
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En résumé :
-
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Le soto deshi est un élève “normal”, tandis que l’uchi deshi est un disciple
engagé dans la transmission.
Le maître reste la référence absolue pour les deux (lignée), mais seul l’uchi deshi est impliqué dans la vie interne du dojo.
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Le soto deshi est un élève “normal”, tandis que l’uchi deshi est un disciple
engagé dans la transmission.
- Au temps du fondateur de l’aïkido, Morihei Ueshiba (1883–1969), la distinction entre uchi deshi et soto deshi était particulièrement marquée, car le dojo (notamment l’Hombu Dojo à Tokyo) fonctionnait comme une communauté d’apprentissage intense, presque monastique.
-
1. L’uchi deshi : le cœur de la transmission
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- Mode de vie : Les uchi deshi vivaient au dojo, souvent dans des conditions spartiates (dortoirs communs, repas simples, entraînement quotidien). Certains, comme Nobuyoshi Tamura ou Seigo Yamaguchi, sont restés des années dans cette situation.
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Rôle :
- Ils s’occupaient de toutes les tâches du dojo : nettoyage, préparation des repas, accueil des visiteurs.
- Ils assistaient Ueshiba pendant ses démonstrations, servaient d’aïte (partenaire subissant les techniques) pour ses enseignements.
- En l’absence du fondateur (fréquente, car il voyageait beaucoup pour diffuser l’aïkido), ils donnaient les cours aux soto deshi et aux visiteurs.
-
Transmission :
Ueshiba leur confiait des responsabilités pédagogiques, mais toujours sous
son autorité.
Ils étaient les gardiens de sa vision, même s’ils n’avaient pas le droit de modifier son enseignement. -
Exemple :
Nobuyoshi Tamura (plus tard 8e dan) a vécu comme uchi deshi dans les années 1950.
Il a enseigné en France en Europe à partir de 1964, mais toujours en tant que représentant direct de la lignée d’Ueshiba (filiation).
-
2. Le soto deshi : élèves “extérieurs”
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Mode de vie :
Ils venaient s’entraîner au dojo, parfois de loin, mais ne vivaient pas sur
place.
Certains étaient des gradés venus d’autres dojos, des policiers, des militaires, ou des civils passionnés. -
Ils suivaient les cours, mais ne participaient pas à la vie interne du
dojo.
Certains, comme Minoru Mochizuki (qui a aussi étudié avec Ueshiba), étaient déjà
experts en arts martiaux et venaient compléter leur formation.
Ils ne donnaient pas de cours au Hombu Dojo, sauf invitation exceptionnelle. - Relation à Ueshiba : Ils le respectaient comme un maître, mais n’avaient pas le même accès à son enseignement oral ou spirituel que les uchi deshi.
-
Exemple :
Gozo Shioda (fondateur du Yoshinkan Aïkido) a été soto deshi d’Ueshiba avant de créer son dojo. Il venait s’entraîner, mais n’a pas vécu au Hombu Dojo.
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Mode de vie :
Ils venaient s’entraîner au dojo, parfois de loin, mais ne vivaient pas sur
place.
-
3. Pourquoi cette organisation ?
-
-
Transmission directe :
Ueshiba voulait former une élite capable de perpétuer son art.
Les uchi deshi étaient ses “fils spirituels”. -
Ouverture contrôlée :
Les soto deshi permettaient de diffuser l’aïkido sans diluer son essence, car seuls les uchi deshi avaient le droit d’enseigner officiellement. -
Culture japonaise :
Cette structure reflète le modèle iemoto (maison/maitre) où la transmission se fait dans l’intimité, tandis que les “extérieurs” bénéficient d’un enseignement plus formel.
-
Transmission directe :
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4. Anecdotes marquantes
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- Morihei Ueshiba absent : Pendant ses nombreux voyages, ce sont des uchi deshi comme Kisshomaru Ueshiba (son fils) ou Koichi Tohei qui maintenaient l’enseignement au Hombu Dojo.
- Soto deshi célèbres : Certains, comme Morihei Ueshiba lui-même dans sa jeunesse, ont d’abord été soto deshi avant de devenir uchi deshi ou maîtres à leur tour.
-
À l’époque d’Ueshiba et mêm de nos jour dans les dojos traditionnels
l’uchi deshi était le pilier de la transmission, tandis que le soto
deshi était un élève “visiteur”.
Cette distinction garantissait la préservation de l’aïkido tel que le fondateur le concevait, tout en permettant sa diffusion.
-
Lorsqu’un maître du dojo est absent, la désignation de l’uchi deshi
qui donnera le cours suit généralement des règles implicites ou explicites, fondées sur
la tradition, la hiérarchie et la confiance.
Voici comment cela se passe dans un dojo d’aïkido traditionnel : -
1. Critères de choix de l’uchi deshi enseignant
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Ancienneté :
L’uchi deshi le plus ancien (en temps de pratique au dojo) a souvent la
priorité, car il incarne l’expérience et la fidélité à l’enseignement du maître.
Grade : Le niveau technique (dan) compte, mais un uchi deshi moins gradé mais plus proche du maître peut être préféré. -
Confiance du maître :
Le maître désigne souvent lui-même, explicitement ou implicitement,
qui doit le remplacer.
Cela peut être un uchi deshi qu’il forme spécifiquement pour enseigner. - Rôle dans le dojo : Certains uchi deshi ont des responsabilités administratives ou pédagogiques officielles (comme “chef des uchi deshi”).
- Exemple concret Dans un dojo, si le maître est absent, c’est souvent l’uchi deshi qui a vécu le plus longtemps au dojo et qui a déjà assisté le maître lors de cours qui prendra le relais.
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Ancienneté :
L’uchi deshi le plus ancien (en temps de pratique au dojo) a souvent la
priorité, car il incarne l’expérience et la fidélité à l’enseignement du maître.
-
2. Comment la désignation se fait-elle ?
-
- Désignation explicite : Le maître peut dire : “En mon absence, c’est [Nom] qui donnera le cours.”
- Désignation implicite : Par la tradition, tout le monde sait que c’est le plus ancien ou le plus proche du maître qui enseigne.
- Rotation : Dans certains dojos, les uchi deshi se relaient selon un planning établi par le maître.
-
À noter :
Même si un uchi deshi enseigne, il le fait toujours “au nom du maître”. Il ne
modifie pas l’enseignement, mais transmet ce qu’il a reçu.
Les élèves viennent chercher l'enseignement du maitre pas celui d'un élève.
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3. Comment se passe le cours ?
-
- Structure : Le cours suit le même format que celui du maître (préparation (taïso), techniques de base, travail spécifique, etc.).
-
Respect de la lignée :
L’uchi deshi enseigne les techniques et les principes tels qu’ils lui
ont été transmis, sans y ajouter sa propre interprétation.
Surtout ce qu'il pense maitriser de l'enseignement du maitre. - Exemple historique : Au Hombu Dojo, en l’absence de Morihei Ueshiba, ses uchi deshi (comme Tamura ou Tohei) donnaient les cours, mais toujours en insistant sur le fait qu’ils transmettaient l’enseignement du fondateur.
-
4. Pourquoi cette organisation ?
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- Transmission fidèle : Cela garantit que l’aïkido enseigné reste conforme à la vision du maître.
- Responsabilité : L’uchi deshi qui enseigne sait qu’il est responsable devant le maître de la qualité de son cours.
- Apprentissage pour l’uchi deshi : Enseigner est une étape clé dans sa propre formation.
- Le choix de l’uchi deshi qui remplace le maître repose sur l’ancienneté, la confiance et la désignation (explicite ou implicite) du maître. Le cours reste fidèle à l’esprit du dojo, et l’uchi deshi enseigne comme un relais, jamais comme un maître indépendant.
-
Pour comprendre : les histoires de famille et d'héritage
-
- Kisshomaru Ueshiba (le fils du fondateur de l’aïkido, Morihei Ueshiba) et Koichi Tohei (directeur technique du dojo de Morihei Ueshiba) étaient beaux-frères.
- Koichi Tohei a épousé Kiyoko Ueshiba, la sœur de Kisshomaru Ueshiba.
- Cette relation familiale explique en partie leur collaboration étroite pendant des années, malgré leurs divergences ultérieures (héritage) sur la direction à donner à l’aïkido.
- Héritage par les liens directs du sang Kisshomaru Ueshiba le filset pas par compétence Koichi Tohei (directeur technique du dojo de Morihei Ueshiba)
-
Kisshomaru Ueshiba
a joué un rôle clé dans l’organisation et la diffusion de
l’aïkido après la mort de son père,
tandis que
Koichi Tohei a a quitté le hombu dojo comme beaucoup d'autres
élèves du fondateur
tadashi Abe etc. pour fonder fonder sa propre école, le Ki Society Aikido.
Pour en savoir plus demander à Alain Peyrache sensei qui a reçu les confidences de Tamura sensei à ce sujet. En tant qu'uchi deshi de Tamura sensei il devait connaitre le dessous des cartes pour agir correctement.
-
Ce que tout le monde sait ou devrait, quand le privé intervient dans l'éthique
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- Les relations entre Kisshomaru Ueshiba et Koichi Tohei illustrent à la fois la force des liens familiaux et les tensions qui ont traversé l’aïkido après la mort du fondateur.
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1. Collaboration étroite (années 1940–1960)
-
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Rôle de Tohei : "aïkido"
Koichi Tohei, uchi deshi de Morihei Ueshiba dès 1939, devient rapidement l’un de
ses
assistants les plus proches.
Il est chargé d’enseigner au Hombu Dojo et de représenter l’aïkido à l’étranger, notamment aux États-Unis, Hawaï. Il a 1 dans de plus que tout le monde car il est chargé de répondre aux défits martiaux. - Rôle de Kisshomaru : "gratte papier" Fils de Morihei Ueshiba, Kisshomaru s’occupe de l’administration du Hombu Dojo et de la structuration de l’aïkido en organisation (la future Aikikai Foundation). Il n’est pas d’abord un enseignant, mais un organisateur.
- Complémentarité : Tohei, charismatique et technique, incarne l’aïkido sur les tatamis, tandis que Kisshomaru gère la logistique et la politique de l’aïkido. Leur alliance familiale (Tohei épouse la sœur de Kisshomaru en 1948) renforce leur partenariat.
- Exemple Dans les années 1950–1960, Tohei voyage beaucoup pour diffuser l’aïkido, tandis que Kisshomaru consolide l’institution Aikikai au Japon.
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Rôle de Tohei : "aïkido"
Koichi Tohei, uchi deshi de Morihei Ueshiba dès 1939, devient rapidement l’un de
ses
assistants les plus proches.
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2. Divergences et tensions (années 1970) après la mort du fondateur
-
-
Approche technique :
Tohei met l’accent sur le ki (énergie interne) et développe une méthode
pédagogique très structurée, avec des exercices spécifiques pour sentir et
diriger le ki.
Il publie des livres et crée des tests pour évaluer la maîtrise du ki.
Kisshomaru, lui, simplifie et normalise l'enseignement de son père (plus favorable au business), sans insister sur des exercices formels de ki. -
Conflit institutionnel :
Tohei souhaite que sa méthode (le “Ki no Kenkyukai”) soit intégrée
officiellement à
l’Aikikai.
Kisshomaru, soucieux de préserver l’unité de l’aïkido, refuse de donner un statut spécial à cette approche. - Rupture : En 1974, Tohei quitte l’Aikikai et fonde sa propre organisation, la Ki Society, accusant l’Aikikai de s’éloigner de l’esprit originel de Morihei Ueshiba et de manquer de rigueur dans l’enseignement du ki.
- Citation de Tohei : “L’aïkido sans ki n’est que de la gymnastique.”
- Anecdote : Malgré la rupture, Tohei a toujours exprimé son respect pour Morihei Ueshiba, affirmant que sa méthode était une évolution naturelle de l’enseignement du fondateur.
- Réconciliation symbolique En 2004, peu avant sa mort, Tohei reçoit un prix de l’Aikikai pour l’ensemble de sa carrière, marquant une forme de réconciliation posthume.
- Leur histoire montre comment l’aïkido s’est diversifié après la mort de son fondateur, entre fidélité à l’héritage et innovation.
- Il y a aussi d'autres raisons plus privées Voir Alain Peyrache sensei s'il veut vous en parler.
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Approche technique :
Tohei met l’accent sur le ki (énergie interne) et développe une méthode
pédagogique très structurée, avec des exercices spécifiques pour sentir et
diriger le ki.
12. Vous êtes l'élève de quel maitre ? professeur débutant ou
grand maitre ?
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1. La transmission de l’essence
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Avec un professeur d'aïkido traditionnel débutant :
- Les grands maitres ont tous débuté un jour
- L’accent est souvent mis sur la technique de base, la sécurité, et la compréhension des mouvements.
- Le professeur apprend en même temps qu’il enseigne, ce qui peut créer une dynamique d’échange et d’expérimentation.
- La rigueur est présente, mais elle est souvent plus flexible, adaptée au niveau du groupe.
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Avec un grand maître d'aïkido traditionnel :
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- L’enseignement dépasse la technique : il s’agit de transmettre une philosophie, une éthique, une façon d’être.
- Le maître incarne l’aïkido dans sa globalité (corps, esprit, intention), et l’élève est invité à s’imprégner de cette vision.
- La pratique devient un miroir de la relation maître-élève, où chaque geste, chaque attitude reflète l’enseignement reçu.
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2. La rigueur et l’engagement
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Chez un professeur débutant :
- La rigueur est souvent technique et progressive.
- L’engagement est personnel, mais moins lié à une lignée ou à une responsabilité de transmission.
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Chez un grand maître traditionnel :
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- La rigueur est totale : elle concerne la posture, l’attitude, la discipline mentale, et même la vie quotidienne.
- L’élève représente le maître et, par extension, l’école ou la lignée. Chaque action peut refléter sur l’honneur du maître.
- L’engagement est souvent à vie, avec une dimension presque sacrée : on ne choisit pas seulement un art martial, on choisit une voie.
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3. La responsabilité et la représentation
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Avec un professeur débutant :
- L’élève est avant tout responsable de sa propre progression.
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Avec un grand maître traditionnel :
- L’élève devient un ambassadeur de l’enseignement reçu. Sa pratique, son comportement, sa façon d’enseigner à son tour (si c’est le cas) doivent refléter fidèlement ce qu’il a appris.
- Il y a une dimension de loyauté (nyumon) et de respect qui va au-delà de la simple relation professeur-élève.
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4. La profondeur de la relation
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- Avec un grand maître, la relation est souvent plus intense, plus exigeante, mais aussi plus riche en enseignements implicites (par l’exemple, le silence, l’observation).
- Le maître traditionnel attend de l’élève qu’il comprenne par lui-même, qu’il cherche au-delà des mots, qu’il s’investisse corps et âme.
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En résumé
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- Ce n’est pas la même chose. Être l’élève d’un grand maître d’aïkido traditionnel demande effectivement beaucoup plus de rigueur, d’engagement et de responsabilité. L’élève n’est pas seulement là pour apprendre, mais pour incarner et transmettre à son tour ce qu’il a reçu.
13. L'aïkido traditionnel "ce n'est pas à la portée de tout
le
monde"
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1. L’élève-consommateur vs l’élève-serviteur
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L’élève-consommateur :
se sert de la voie (do) pour son profit personnel qui est insatiable...- Voit l’aïkido comme un service, un loisir, une activité parmi d’autres.
- Cherche à « prendre » : grades, techniques, reconnaissance, satisfaction personnelle.
- N’accepte pas l’idée de devoir, de sacrifice, ou de remise en question.
- Peut trahir (consciemment ou non) l’esprit de l’aïkido en utilisant les techniques pour dominer, briller, ou servir son ego.
- Capable au nom de l'amitié (en général) de piéger les naïf...
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L’élève-serviteur : au service de la voie (do)
- Considère l’aïkido comme une voie, un engagement, une responsabilité.
- Cherche à « donner » : respect, loyauté, transmission, humilité.
- Efface sa personnalité au profit de l’art, du dojo, du maître, et des autres pratiquants.
- Comprend que la vraie maîtrise passe par le service, pas par la possession.
- Si son intérêt le demande il trahira la voie, son maitre et tout ce qui se met en travers de sa route.
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- Il est important pour le débutant de les distinguer rapidement, qui est fiable ou pas.
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2. Le danger de la trahison
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- Quand un élève utilise l’aïkido pour son ego, il trahit non seulement le maître, mais aussi l’esprit même de l’art.
- ette trahison peut prendre plusieurs formes : C déformer l’enseignement, manquer de respect, chercher à nuire, ou simplement abandonner quand l’exigence devient trop grande.
- Le grand maître, lui, voit souvent ces choses venir. Il sait que certains élèves ne sont pas prêts, mais il continue d’enseigner, car son devoir est de transmettre, même si tous ne comprendront pas.
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3. Pourquoi cette différence existe-t-elle ?
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- L’aïkido traditionnel demande une transformation intérieure, pas seulement physique. Beaucoup ne sont pas prêts à ce voyage.
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La société moderne encourage la consommation,
l’individualisme,
la recherche de résultats immédiats.
Cela entre en conflit avec la patience, l’humilité et l’engagement à long terme que demande l’aïkido. - Certains viennent à l’aïkido pour les mauvaises raisons (ego, pouvoir, image), et ne supportent pas la confrontation avec leurs propres limites.
- On retrouve même cette nuisance dans des domaines où on ne devrait pas les retrouver comme les associations humanitaires, les fondations qui ont une façade noble et vertueuse mais qui sont souvent contrôlés par des bandits.
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4. Que faire face à cela ?
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Pour le maître :
Continuer à enseigner avec intégrité, sans s’attacher au résultat.
Les vrais élèves se révéleront avec le temps. - Pour l’élève sincère : Rester fidèle à la voie, sans jugement envers les autres, mais sans compromis sur sa propre pratique.
- Pour le dojo : Cultiver un environnement où l’exigence et le respect sont la norme, sans exclure, mais sans transiger non plus.
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Pour le maître :
Continuer à enseigner avec intégrité, sans s’attacher au résultat.
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-
L’aïkido n’est pas un outil, mais une voie (do).
Ceux qui le voient comme un moyen de satisfaire leur ego finissent par se
perdre, et parfois par trahir.
Mais c’est aussi ce qui fait la beauté et la force de l’aïkido traditionnel : il ne se laisse pas posséder. Il se vit, il se sert, il se transmet.
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L’aïkido n’est pas un outil, mais une voie (do).
Ceux qui le voient comme un moyen de satisfaire leur ego finissent par se
perdre, et parfois par trahir.
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- Une dynamique toxique que l’on retrouve dans de nombreux dojos, mais aussi dans d’autres milieux où la loyauté, l’éthique et la hiérarchie sont essentielles.
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1. Pourquoi les élèves sincères se taisent-ils au début ?
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Peur des conflits :
Dans un dojo, comme dans une famille, on hésite à « balancer » un
camarade, même si son comportement est nuisible.
On espère qu’il va changer, ou on craint d’être vu comme un « mouchard ». - Illusion de l’amitié : Le déviant manipule souvent en jouant sur les liens affectifs (« On est potes, non ? »), ce qui paralyse les autres.
- Responsabilité diluée : Chacun se dit que c’est au professeur d’agir, pas à soi. Résultat, personne n’agit.
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Culture du silence :
Dans les arts martiaux traditionnels, on valorise la discrétion, la
patience, le « laisser faire ».
Cela peut devenir un piège quand il s’agit de protéger le groupe.
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Peur des conflits :
Dans un dojo, comme dans une famille, on hésite à « balancer » un
camarade, même si son comportement est nuisible.
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2. Pourquoi parler seulement après l’exclusion ?
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- Effet de groupe : Une fois que le maître a tranché, la pression sociale s’inverse. Il devient « safe » de critiquer le déviant, car le risque de conflit est écarté.
- Soulagement : L’exclusion libère la parole, car la peur des représailles ou de la division disparaît.
- Culpabilité : Certains se sentent coupables de ne pas avoir agi plus tôt, et cherchent à se justifier a posteriori.
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3. Pourquoi le déviant ne recule-t-il jamais ?
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- Ego surdimensionné : Il est convaincu d’avoir raison, et voit toute remise en question comme une attaque personnelle.
- Manipulation : Il a souvent construit un réseau d’influence dans le dojo, et compte sur la lâcheté ou la complicité passive des autres pour continuer.
- Refus de la hiérarchie : Il ne reconnaît pas l’autorité du maître, seulement celle qui l’arrange.
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4. Pourquoi le professeur agit-il si tard ?
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- Donner une chance : Un vrai maître espère toujours la prise de conscience, la rédemption.
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Éviter la division :
Exclure est un échec, une dernière solution.
Le maître sait que cela va créer des remous, des prises de position, des départs. -
Respect de la procédure :
Dans les arts martiaux traditionnels, on ne bannit pas à la légère.
Il faut des preuves, des actes, des avertissements, une progression dans la sanction.
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5. Que faire pour éviter d’en arriver là ?
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Pour les élèves sincères :
- Parler tôt, en privé : Alerter le professeur dès les premiers signes, sans attendre que la situation pourrisse.
- Assumer sa responsabilité : Protéger le dojo, c’est aussi protéger l’enseignement et les autres élèves.
- Ne pas se laisser manipuler : Une amitié qui sert à couvrir des actes nuisibles n’en est pas une.
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Pour le professeur : être très clair
- Clarifier les règles : Dès le début, expliquer que la loyauté envers le dojo prime sur les liens personnels.
- Encourager la parole : Créer un climat où les élèves osent signaler les problèmes sans crainte.
- Agir vite : Un avertissement public, une mise à l’écart temporaire, peuvent parfois suffire à recadrer le déviant avant qu’il ne soit trop tard.
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6. Le « montzen baraï » : une nécessité douloureuse
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L’exclusion définitive est toujours un échec, mais parfois nécessaire pour
préserver l’intégrité du dojo.
C’est un acte de respect envers ceux qui pratiquent avec sincérité.
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L’exclusion définitive est toujours un échec, mais parfois nécessaire pour
préserver l’intégrité du dojo.
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- Dans tout groupe humain structuré : la santé mentale est bien plus difficile à évaluer que la santé physique, et pourtant, ses conséquences peuvent être bien plus dévastatrices pour la cohésion et l’éthique d’un dojo.
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1. Le paradoxe de la santé mentale invisible
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- Certificat médical physique : Il protège le pratiquant (et le dojo) contre les risques d’accident ou de blessure. C’est une formalité administrative, mais utile.
- Aucun bilan psychologique : Pourtant, une personne en souffrance mentale non diagnostiquée (ou en déni) peut causer des dégâts bien plus profonds : manipulation, division, harcèlement, trahison, etc.
- Les plus dangereux sont ceux qui s’ignorent : ce ne sont pas les personnes suivies et conscientes de leurs limites qui posent problème, mais celles qui, par ignorance ou perversion, utilisent le dojo comme un terrain de jeu pour leurs pathologies (narcissisme, bipolarité non stabilisée, etc.).
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2. L’aïkido : un miroir et un amplificateur
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- Un milieu propice : L’aïkido, avec sa dimension relationnelle, hiérarchique et parfois spirituelle, peut attirer des personnalités en quête de pouvoir, de reconnaissance, ou de contrôle.
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Un révélateur :
La pratique régulière, surtout en situation de stress (grades, conflits,
responsabilité), fait ressortir les traits de caractère cachés.
Un pervers narcissique ou un bipolaire non stabilisé va inévitablement manifester ses tendances : manipulation, refus de l’autorité, comportements erratiques, etc. - Un outil de légitimation : Pour ces profils, l’aïkido devient un moyen de justifier leurs agissements (« C’est pour ton bien », « Le maître m’a choisi », « Tu ne comprends pas la voie »).
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3. Que faire face à ce risque ?
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Pour le professeur
- Observer les comportements : Repérer les signes avant-coureurs (refus des règles, mépris des autres, recherche constante de conflits, etc.).
- Instaurer un probationnaire : Une période d’observation avant l’intégration définitive, avec des entretiens individuels.
- Collaborer avec des professionnels : En cas de doute, orienter discrètement vers un psychologue ou un psychiatre (sans jouer au thérapeute soi-même).
- Agir tôt : Un recadrage ferme dès les premiers écarts, sans attendre que la situation dégénère.
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Pour les élèves
- Ne pas minimiser les signaux : Si un comportement semble toxique, en parler au professeur, même si c’est « juste une intuition ».
- Protéger le groupe : La loyauté envers le dojo doit primer sur la peur de « balancer » ou de créer des conflits.
- Se former : Connaître les bases des troubles de la personnalité (narcissisme, bipolarité, etc.) pour mieux les identifier.
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4. Limites et réalités
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- Pas de diagnostic sans professionnel : Un professeur d’aïkido n’est pas psychiatre. Il ne peut qu’observer et agir sur les comportements, pas sur les causes.
- Le droit et l’éthique :
- L’aïkido n’est pas une thérapie : Même si la pratique peut aider à canaliser certaines tendances, elle ne remplace pas un suivi médical ou psychologique.
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l'aïkido traditionnel, le dojo sont des miroirs.
Ils révèlent ce que les gens sont vraiment, et certains en profitent
pour exprimer le pire.
Le vrai défi pour un professeur est de protéger l’intégrité du groupe tout en restant dans le cadre éthique et légal. - « La question n’est pas de savoir si ce problème surviendra, mais plutôt de déterminer à quel moment il se manifestera. »
14. Comportements à surveiller
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- Voici quelques signes d’alerte simples à repérer pour un non-professionnel, concernant deux troubles de la personnalité souvent rencontrés.
- Ces indications ne permettent pas de poser un diagnostic, mais peuvent aider à identifier des attitudes potentiellement toxiques ou à risque pour la cohésion du dojo.
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1. Trouble narcissique (perversion narcissique)
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- Manque d’empathie : Incapacité à reconnaître les besoins/émotions, le slimites des autres, mépris des règles communes.
- Besoin constant d’admiration : Se met en avant, exige des égards, se victimise si on ne le valorise pas.
- Manipulation : Utilise les autres (amitiés, hiérarchie) pour servir ses intérêts, joue les divisions.
- Réaction agressive à la critique : Colère, dénigrement, ou vengeance face à toute remise en question.
- Sentiment de supériorité : « Je sais mieux que le professeur », « Les règles ne s’appliquent pas à moi ».
- Dans un dojo : Peut saboter l’ambiance, créer des cliques, ou discréditer l’enseignement pour prendre le contrôle.
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2. Trouble bipolaire (surtout en phase maniaque/hypomaniaque)
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- Comportements extrêmes : Périodes d’hyperactivité (parle vite, projets grandioses, prise de risques) suivies de phases de repli ou de déprime.
- Irritabilité : Réactions disproportionnées (colère, impatience) sans raison apparente.
- Décisions impulsives : Changements brutaux d’humeur, engagements excessifs (ex. : promettre des choses irréalistes).
- Difficulté à se concentrer : Passe d’une idée à l’autre, perturbe les cours par son agitation.
- Dans un dojo : Peut déstabiliser le groupe par son instabilité, ou mettre en danger les autres (techniques imprévisibles, refus des consignes).
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3. Autres comportements à surveiller
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- Paranoïa : Méfiance excessive, accusations infondées (« On complote contre moi »).
- Trouble histrionique : Recherche permanente d’attention, dramatisation, séduction manipulatrice.
- Trouble antisocial : Mépris des règles, mensonges, absence de culpabilité après avoir nui à autrui.
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Que faire en tant que non-professionnel ?
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- Ne pas diagnostiquer : Ces signes ne suffisent pas à affirmer un trouble. Seule une évaluation par un professionnel (psychiatre, psychologue) permet de conclure.
- Observer les faits : Noter des comportements concrets (ex. : « Il a insulté X devant tout le monde », « Elle a refusé de suivre la consigne du professeur à trois reprises »).
- Alerter discrètement : En parler au professeur, un uchi deshi ou à un responsable du dojo, en restant factuel.
- Protéger le groupe : Si la personne est dangereuse (violence, harcèlement), agir rapidement pour isoler le problème.
- À retenir : Ces troubles expliquent certains comportements, mais ne les excusent pas. Dans un dojo, la sécurité et le respect du groupe priment. Si une personne perturbe durablement l’équilibre, des mesures doivent être prises, même si la cause est médicale.
15. La cotisation aïkido au Japon/en Occident
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1. La cotisation aïkido au Japon : une contribution à la voie
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- Souvent symbolique, parfois même absente dans les petits dojos ruraux ou familiaux.
- Peut prendre la forme d’un dons volontaires (kōen) ou d’une participation aux frais du dojo(entretien, thé, encens).
- Dans les grands dojos ou écoles, une cotisation annuelle modérée est demandée, mais elle reste discrète.
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Philosophie :
- L’aïkido est une voie (dō), pas un service : On ne « paie » pas pour apprendre, on contribue à la survie du lieu et à la transmission.
- Relation maître-élève : Le paiement est secondaire par rapport à l’engagement, la loyauté et le respect.
- Culture du don : Le maître offre son enseignement, l’élève offre son temps, son énergie, un soutien matériel financier.
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Pratique :
- Pas de contrat, pas de facture détaillée.
- L’argent ne doit jamais être un obstacle : un élève sérieux mais sans moyens sera toujours accueilli. Il fera un travail pour le dojo en échange.
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2. La cotisation en Occident : une adaptation nécessaire
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Forme :
- Cotisation mensuelle ou annuelle, souvent plus élevée qu’au Japon, avec parfois des frais d’inscription ou de grade.
- Facturation transparente, contrats, assurances (obligatoires dans de nombreux pays).
- L’argent ne doit jamais être un obstacle Certains dojos proposent des tarifs réduits pour les étudiants ou les personnes en difficulté.
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Pourquoi cette différence ?
- Coûts structurels : Loyer, assurances, salaires (en Occident, un professeur ne peut souvent pas vivre uniquement des dons).
- Culture de la consommation : Les élèves occidentaux s’attendent à un « service » (horaires fixes, équipements, etc.), ce qui implique une organisation plus formelle.
- Légalité : Les associations ou clubs doivent respecter des règles fiscales et administratives strictes.
- Payer c'est s'engager
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Risque :
- Certains dojos deviennent des « salles de sport » où l’on paie pour un cours, sans la dimension spirituelle ou communautaire.
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3. Comment l’expliquer à des non-pratiquants ?
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Comparaison simple :
- Au Japon : « C’est comme offrir un cadeau à son sensē pour le remercier de vous guider sur la voie. L’argent n’est qu’un détail. »
- En Occident : « C’est comme une adhésion à un club, mais avec une dimension bien plus profonde : on ne paie pas pour des techniques, mais pour faire partie d’une famille qui partage les mêmes valeurs. »
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Points clés à souligner :
- L’argent ne doit pas être un but : Un vrai dojo ne cherche pas à s’enrichir.
- La cotisation ne couvre pas tout : Le temps, l’énergie et le respect sont tout aussi importants.
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L’engagement prime :
Un élève qui paie mais ne s’investit pas (physiquement, moralement) n’est pas un vrai membre du dojo.
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4. Ce qui ne change pas, où que l’on soit
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- L’aïkido traditionnel n’est pas une activité commerciale : Même en Occident, un dojo sérieux reste un lieu de transmission, pas une entreprise.
- La cotisation est un acte de respect : Elle symbolise l’engagement envers la pratique, le maître et les autres élèves.
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Pour aller plus loin :
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- Au Japon, certains dojos fonctionnent encore sur le modèle du uchi-deshi (élève interne) : on vit au dojo, on participe à toutes les tâches, et l’argent n’est presque jamais évoqué.
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- Pour aider des non-pratiquants à comprendre l’esprit de l’aïkido traditionnel :
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1. Au Japon : l’argent n’est pas le sujet
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Anecdote : Le dojo de campagne
Dans un petit dojo rural au Japon, un élève occidental surprend le maître en lui demandant : « Combien coûte l’abonnement ? » Le maître, surpris, répond : « Tu veux pratiquer ? Alors viens. Si tu veux aider à réparer le toit ou à préparer le thé, ce sera bien. »
L’élève comprend plus tard que la « cotisation » était en fait une participation aux tâches du dojo, et que l’argent n’était jamais évoqué.
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Anecdote : Le dojo de campagne
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Anecdote : Le don discret
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- Un élève japonais glisse une enveloppe (avec une somme modeste) sous le tatami avant de partir en voyage. Le maître ne la compte pas devant lui, mais la met de côté pour acheter de l’encens ou du saké pour les cérémonies. L’élève ne sait même pas si le maître a ouvert l’enveloppe.
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Exemple 3 : L’uchi-deshi
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- Un jeune Occidental part au Japon pour devenir uchi-deshi (élève interne). Il dort au dojo, nettoie, cuisine, et pratique 6h par jour. Personne ne parle d’argent. Un an plus tard, il réalise que sa « cotisation » était son travail quotidien et son respect.
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2. En Occident : l’adaptation aux réalités locales
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Anecdote : Le dojo parisien
Un professeur français explique à ses élèves : « Ici, on paie 50€ par mois. Cela couvre le loyer, l’assurance, et permet d’inviter des maîtres japonais. Mais si quelqu’un n’a pas les moyens, on trouvera une solution. L’important, c’est d’être là. » Un élève au chômage vient donc deux fois par semaine en échange d’un coup de main pour le ménage.
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Anecdote : Le dojo parisien
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3. Comment l’expliquer à des non-pratiquants ?
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Comparaison avec d’autres activités :
- Salle de sport : « Tu paies pour utiliser les machines, et si tu ne viens pas, ça ne dérange personne. »
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Dojo traditionnel :
« Tu contribues pour faire vivre un lieu
et une communauté.
Si tu ne viens pas, on te manquera, et toi aussi. »
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4. Ce qui compte vraiment
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- L’argent ne doit jamais être un obstacle : Un vrai dojo trouvera toujours une solution pour un élève motivé.
- La cotisation est un acte de respect : Elle montre que l’on prend sa place au sérieux.
- L’aïkido traditionnel n’est pas une marchandise : On ne paie pas pour un « produit », mais pour faire partie d’une lignée et d’une histoire.
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1. Pourquoi on paie même si on ne vient pas ?
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En Occident : une question de fonctionnement associatif
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Frais fixes :
Le loyer, l’assurance, l’entretien du dojo, les licences fédérales, etc.,
doivent être payés chaque mois, que les élèves soient présents ou non.
Solidarité :
La cotisation permet aussi de soutenir les élèves qui ont moins de moyens, ou de financer des événements (stages, invitations de maîtres) - Engagement moral : En s’inscrivant, on réserve une place dans le dojo. Même absent, on bénéficie de la structure et on doit contribuer à sa pérennité.
- Exemple concret : Un dojo en France a 30 membres. Si chacun ne paie que les mois où il vient, certains mois, il n’y aura pas assez pour payer le loyer. La cotisation annuelle ou mensuelle permet de lisser ces aléas.
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Frais fixes :
Le loyer, l’assurance, l’entretien du dojo, les licences fédérales, etc.,
doivent être payés chaque mois, que les élèves soient présents ou non.
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2. Au Japon : une question de loyauté et de respect
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Même si on ne vient pas, on reste engagé
- Relation maître-élève : S’inscrire à un dojo, c’est s’engager envers le maître et le groupe. Même absent, on fait partie de la « famille » du dojo.
- Culture du don : La cotisation (ou le don) est un geste de respect envers l’enseignement reçu et la lignée. Ce n’est pas un « droit d’entrée », mais une marque de gratitude.
- Responsabilité : Si on ne peut pas venir, on prévient, on explique, mais on ne rompt pas son engagement financier, car cela reviendrait à tourner le dos au dojo.
Un élève japonais, blessé pendant plusieurs mois, continue de verser sa cotisation symbolique. Quand le maître lui demande pourquoi, il répond : « Parce que je suis toujours votre élève, même si je ne peux pas pratiquer. » -
3. Comment l’expliquer à des non-pratiquants d'aïkido ?
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Comparaison simple :
- Abonnement à une salle de sport : « Tu paies pour avoir accès aux machines. Si tu ne viens pas, c’est ton problème. »
- Cotisation à un dojo : « Tu contribues à faire vivre un lieu et une communauté. Même si tu es absent, tu restes membre du groupe, et ton soutien compte. »
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4. Que faire si on ne peut vraiment pas payer ?
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- En parler au professeur : Dans un dojo traditionnel, on trouvera toujours une solution (réduction, échange de services, etc.).
- Ne pas disparaître : Prévenir, expliquer sa situation, montrer que l’on reste engagé moralement, même si on ne peut pas financièrement.
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En résumé :
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Payer sa cotisation même en étant absent, c’est :
- En Occident : Assurer la survie du dojo et montrer sa solidarité.
- Au Japon : Honorer son engagement envers le maître et la voie.