L'aïkido traditionnel c'est aussi de la bio-mécanique
L'aïkido traditionnel et sa bio-mécanique shizei, Hanmi...
Ikkyo undo lever les bras au dessus de la tête vous éviterait les crises cardiaques et les AVC !
1. Force, moments
- En aïkido traditionnel, la compréhension des forces et de leurs moments est essentielle pour saisir la dynamique des techniques. Le « moment d’une force » désigne l’effet produit par une force appliquée à une certaine distance d’un point de rotation ou d’appui. Dans la pratique, cela se traduit par la manière dont les forces agissent sur le corps du pratiquant (tori) et sur celui du partenaire (aïté), et comment ces forces sont utilisées pour générer les techniques d’aïkido, être toujours en équilibre.
- Comment définir les forces ? (prérequis)
- Une force est une action capable de mettre un corps en mouvement, de modifier son mouvement ou de le déformer.
-
Elle possède
- Une norme (également appelée intensité ou module)
- Une direction,
- Un sens,
- Un point d’application
- 1. Les forces exercées sur le pratiquant
-
Lorsqu’un pratiquant reçoit une attaque, plusieurs forces s’exercent sur son corps :
- Force linéaire : C’est la force directe de l’attaque (poussée, traction, frappe) qui tend à déplacer le corps dans une direction.
- Moment de force : Si l’attaque est appliquée à une certaine distance du centre de gravité ou d’un point d’appui (par exemple, au niveau du bras ou de l’épaule), elle crée un moment qui tend à faire pivoter ou tourner le corps du pratiquant.
- ce de réaction : Le corps du pratiquant réagit en absorbant, redirigeant ou neutralisant la force, souvent par le kimusubi, un déplacement ou une rotation.
- La maîtrise des moments de force permet au pratiquant de ne pas s’opposer frontalement à l’attaque, mais de l’utiliser pour générer un mouvement circulaire, facilitant l’esquive ou la projection, qui lui permet de compenser des handicaps physiques ou un déficit de force brute.
- 2. Les forces exercées par tori sur aïté
- Dans l’exécution d’une technique, le pratiquant utilise les principes des moments de force pour agir sur aïté :
-
- Application d’une force à distance : En saisissant le poignet, le bras ou l’épaule d’aïté, le pratiquant applique une force qui, selon le point d’appui, crée un moment et provoque une rotation ou un déséquilibre chez aïté.
- Utilisation du centre : Le pratiquant mobilise son propre centre (seika tanden) pour transmettre la force de manière efficace, en utilisant tout le corps et non seulement les bras.
- Redirection de la force : Plutôt que de s’opposer à la force d’aïté, le pratiquant la capte et la redirige, amplifiant le moment pour faciliter la projection ou l’immobilisation.
- 3. Exemples concrets
-
- Irimi nage : Le pratiquant entre dans l’attaque, capte la force linéaire et la transforme en mouvement circulaire autour de son centre, créant un moment qui projette aïté.
- Kote gaeshi : En saisissant le poignet d’aïté et en appliquant une torsion, le pratiquant génère un moment de force qui entraîne la rotation du bras et la chute du partenaire.
- Shiho nage : La technique utilise la rotation du corps et l’application de la force à distance pour créer un moment qui déséquilibre et projette aïté.
- 4. Importance de la biomécanique
-
La compréhension des moments de force en aïkido permet :
- D’optimiser l’efficacité des techniques.
- De préserver l’intégrité physique des pratiquants.
- De développer une pratique harmonieuse, où la force brute est remplacée par la précision et la gestion des axes et des centres.
- Conclusion
- En aïkido traditionnel, les moments des forces sont au cœur de la pratique. Ils permettent de transformer une attaque en opportunité de mouvement, de projection ou d’immobilisation, tout en respectant le principe fondamental de non-opposition. La maîtrise de ces principes est la clé d’une pratique fluide, efficace en respectant les limites de chacun.
- Pour les explications concernant l'application dans la pratique voir les cours d'Alain Peyrache
- Voir le cours d'Alain Peyrache sensei ceci n'est que le support de ses cours afin d'aider à la compréhension.
- L'aïkido s'apprend avec un maître dans un dojo et pas ailleurs.
2. Le shizei en aïkido traditionnel (fig1)
- « shizei » (姿勢) Sugata (shi) Ikioï (sei) exprime la force
- En aïkido, le terme japonais « shizei » (姿勢) Sugata (shi) exprime la forme, la figure, la taille. Ikioï (sei) exprime la force, la vigueur, la vivacité. Shisei contient ces deux sens.
- Il ne s’agit pas simplement d’une forme extérieure, mais d’un état global qui englobe la tenue du corps, la présence mentale et la vitalité intérieure.
- Le mot est composé de « shi » (forme, figure) et « sei » (force, vigueur, vivacité), ce qui souligne l’importance d’une posture ancrée, vivante, dynamique et équilibrée.
- Le shizei, bien plus qu’une posture physique
- Le shizei ne se limite pas à l’alignement du dos ou à la position des pieds.
- Il s’agit d’un état de réalisation de l’unité (du plus manifesté au moins manisfesté) entre le corps et l’esprit, visible à travers la manière dont on se tient, mais aussi dans la façon dont on aborde la pratique et la vie quotidienne, l’art de vivre.
- Une bonne posture en aïkido est à la fois souple et stable, détendue et tonique. Elle permet de canaliser l’énergie (ki), d’être prêt à réagir à toute situation, et de transmettre une impression de calme et de détermination que permet le recul de la situation.
- Pour Tamura sensei
-
le shizei n’est pas seulement une question d’apparence extérieure, mais aussi de force
intérieure visible dans l’attitude. Pour atteindre un bon shizei, il recommande :
- D’étirer la colonne vertébrale et de la garder droite, comme si l’on poussait le ciel avec la tête, la terre avec les pieds.
- De ne pas bomber la poitrine comme dans une position militaire, mais de laisser les épaules tomber naturellement, détendues.
- De placer le ki (énergie vitale) dans le seika tanden (centre énergétique situé dans le bas-ventre).
- De garder le corps tout entier calme et détendu, prêt à l’action.
- Miyamoto Musashi, célèbre maître du sabre, décrivait le shizei martial
- comme une attitude où le visage est calme, les épaules relâchées, la colonne vertébrale droite, les genoux et les orteils bien ancrés au sol, et le ventre fermement arrondi. Cette posture permet de se mouvoir librement et d’exprimer une force tranquille.
- Le shizei dans la pratique de l’aïkido traditionnel
- Dans l’aïkido traditionnel, le shizei est un fondement essentiel. Il conditionne la qualité des techniques, la capacité à absorber et rediriger la force de l’adversaire, et la sécurité dans la pratique.
- Un bon shizei permet de maintenir l’équilibre, d’éviter les tensions inutiles et de préserver la santé sur le long terme. Il est aussi le reflet de l’état d’esprit du pratiquant : calme, centré, ouvert et bienveillant.
- La posture n’est pas figée : elle s’adapte en permanence aux situations, que ce soit dans le dojo ou dans la vie quotidienne.
- Le shizei est ainsi un outil de développement personnel, qui aide à mieux se connaître et à mieux interagir avec les autres.
- Conclusion
-
Le shizei en aïkido traditionnel est bien plus qu’une simple posture physique.
Il s’agit d’une attitude globale, qui allie la justesse corporelle, la présence mentale et la force intérieure.
Sa maîtrise est la clé d’une pratique efficace, harmonieuse et respectueuse de soi et des autres.
3. Hanmi, hitoemi, San kaku ho (fig1)
- Hanmi hitoemi sankaku (voir les fig ci-dessous)
-
- HITO E MI et san kaku ho : deux positions fondamentales en aïkido
- Hanmi « moitié »
- Hitoemi hito e mi ou Ura sankaku « Triangle arrière »
- hitoemi il s’agit d’une position où le corps est orienté de façon à présenter le moins de surface possible à l’adversaire,
- San kaku ho « San kaku ho » signifie littéralement « méthode du triangle » en japonais. Le triangle est une figure géométrique fondamentale en aïkido, car il symbolise la stabilité et la capacité à canaliser et rediriger la force. En san kaku ho, les pieds sont positionnés de manière à former un triangle avec le sol, ce qui offre une base solide et équilibrée, essentielle pour l’exécution des techniques, que ce soit à mains nues (taijutsu) ou avec armes (bukiwaza).
-
Différences essentielles
- Orientation du corps : HITO E MI privilégie une posture de profil, réduisant la surface exposée à l’adversaire, alors que san kaku ho met l’accent sur la structure triangulaire de la base, assurant stabilité et puissance.
- Utilisation : HITO E MI est souvent employée lors des déplacements rapides ou des esquives, tandis que san kaku ho est la référence pour la garde et la préparation à l’exécution des techniques.
- Objectif : HITO E MI vise à minimiser les risques en combat, san kaku ho vise à maximiser l’efficacité des mouvements et la stabilité.
-
Pour faire simple
HITO E MI et san kaku ho sont deux notions clés en aïkido, l’une axée sur la réduction de la cible par le profil, l’autre sur la stabilité par la structure triangulaire. Leur compréhension et leur maîtrise sont essentielles pour progresser dans la pratique de l’aïkido.
Autres schémas
4. Tandoku dosa exercices que l'on pratique seul
- Tandoku dosa (単独動作) doa exercices que l'on pratique seul
- Dans l’aïkido traditionnel, il désigne l’ensemble des exercices corporels pratiqués sans partenaire, par opposition aux exercices à deux (sotai dosa). Ces mouvements sont fondamentaux pour la préparation du corps, le développement de la conscience corporelle et l’intégration des principes de l’aïkido.
- Objectifs du tandoku dosa
-
Le tandoku dosa vise plusieurs objectifs essentiels :
- Construire un corps équilibré et stable, grâce à la respiration (kokyu ho) et à la répétition des mouvements de base.
- Développer la concentration, la coordination et la conscience du centre (seika tanden).
- Intégrer les principes de déplacement (ashi sabaki), de rotation (tai sabaki) et de posture (shisei).
- Préparer le corps et l’esprit à la pratique des techniques à deux, en ancrant les bases biomécaniques et énergétiques de l’aïkido.
- Parmi les exercices les plus connus, on retrouve :
-
- Ameno tori fune : exercice de « l’arche céleste », qui associe mouvement du corps, respiration et sons d’accompagnement (kake goe). Il permet de mobiliser l’énergie dans le centre et d’harmoniser le mouvement global du corps.
- Ashi sabaki : travail des déplacements fondamentaux (avant, arrière, latéral, rotation) pour développer l’équilibre et la fluidité.
- Tai sabaki : exercices de rotation du corps sur place ou en déplacement, essentiels pour l’esquive et la redirection des forces.
- Suburi : mouvements répétés avec ou sans armes, pour intégrer les principes de coupe, de frappe ou de saisie.
- La pratique régulière du tandoku dosa apporte :
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- Un renforcement de la structure corporelle (os, tendons, muscles) et de la stabilité articulaire.
- Une amélioration de la coordination, de la souplesse et de la puissance.
- Le développement de la capacité à produire, absorber et transmettre la force de manière unifiée et non résistante.
- Une meilleure compréhension des principes internes de l’aïkido, comme l’unité du mouvement, la gestion du ki (énergie) et la relation yin/yang des forces.
5. Ashi sabaki en aïkido traditionnel
- En aïkido traditionnel, le terme japonais « Ashi sabaki » (足捌き) désigne l’art du déplacement des pieds. Il s’agit d’un ensemble de techniques et de principes qui permettent au pratiquant de se mouvoir efficacement, d’éviter les attaques, de se positionner avantageusement par rapport à l’adversaire (aïté) et de générer la puissance nécessaire à l’exécution des techniques.
- L’Ashi sabaki repose sur plusieurs principes essentiels :
-
- Économie de mouvement : Les déplacements doivent être fluides, naturels et sans tension inutile.
- Stabilité et mobilité : Il s’agit de trouver le juste équilibre entre une base solide et la capacité à se déplacer rapidement dans toutes les directions.
- Adaptation : Le pratiquant ajuste constamment sa position en fonction de l’attaque, du partenaire et de l’environnement.
- Connexion avec le centre (seika tanden) : Les déplacements partent du centre du corps, garantissant une transmission optimale de l’énergie et une meilleure coordination.
- Les principaux types d’ashi sabaki
-
En aïkido traditionnel, on distingue plusieurs formes de déplacements
- Ayumi ashi : marche naturelle, où les pieds avancent alternativement comme lors de la marche quotidienne.
- Tsugi ashi : déplacement glissé, où un pied « suit » l’autre sans jamais croiser ni se soulever exagérément du sol. C’est le déplacement le plus utilisé dans la pratique, car il permet de garder une base stable et de réagir rapidement.
- Okuri ashi : déplacement latéral, où un pied pousse l’autre pour se déplacer sur le côté.
- Tenkan : pivot sur un pied, permettant de tourner le corps à 180° pour esquiver ourediriger une attaque.
- Irimi : entrée directe vers l’adversaire, souvent combinée à un déplacement circulaire pour se placer hors de la ligne d’attaque.
- Rôle de l’ashi sabaki dans la pratique
-
L’Ashi sabaki est au cœur de l’efficacité martiale en aïkido. Il permet :
- D’éviter les attaques sans opposition frontale.
- De se placer dans l’angle mort de l’adversaire (ma-ai).
- De générer la puissance nécessaire à la projection ou à l’immobilisation.
- De préserver l’intégrité physique du pratiquant et du partenaire.
- Conclusion
- L’Ashi sabaki est une composante fondamentale de l’aïkido traditionnel. Sa maîtrise permet d’exprimer pleinement les principes de non-opposition, d’harmonie et d’efficacité propres à cet art martial. Travailler les déplacements, c’est progresser vers une pratique plus fluide, plus sûre et plus profonde.
6. Pour réponde à un pratiquant qui se reconnaitra
- Définition des positions (voir plus haut la version simple)
- (voir plus haut (3) la version simple) car il faut parfois répéter les mêmes choses d'une manière différentes
-
Hanmi
Le terme « hanmi » signifie littéralement « demi-corps ». En Aïkido, cette position consiste à présenter seulement la moitié de son corps à l’adversaire, ce qui réduit la surface exposée et favorise la mobilité. -
Les hanches sont orientées à environ 45°, les pieds sont écartés à la largeur des
épaules, et le poids est réparti de façon équilibrée.
Hanmi est la position fondamentale de l’Aïkido, adoptée aussi bien à mains nues (taijutsu) qu’avec armes (bukiwaza : ken et jo).
Elle permet d’éviter les attaques directes et favorise les déplacements dans toutes les directions. -
Hitoemi
Hitoemi est une position moins connue mais tout aussi essentielle.
Elle consiste à ouvrir le pied avant au maximum, ce qui permet à l’axe du corps (colonne vertébrale) d’effectuer une rotation maximale dans la direction indiquée par le pied avant. -
Les hanches suivent naturellement ce mouvement.
Hitoemi est parfois appelée « Ura sankaku » (triangle arrière) et se distingue par une orientation du corps sur une seule ligne, favorisant la rotation et l’esquive.
Cette position est utilisée pour des mouvements offensifs ou défensifs rapides, notamment dans les techniques de jo (bâton) et lors de certains déplacements stratégiques. -
Sankaku et Shizei
« Sankaku » signifie « triangle » et « shizei » désigne la posture. Sankaku shizei fait référence à la posture triangulaire, qui est la base du hanmi.
Cette forme triangulaire assure stabilité et mobilité, permettant au pratiquant de se déplacer aisément tout en gardant une posture équilibrée.
Elle est essentielle pour absorber et rediriger l’énergie de l’adversaire. - Contexte d’utilisation
-
Hanmi :
Utilisée en début de pratique, lors des gardes et des déplacements de base. Elle est idéale pour se protéger, contrôler la distance (ma-ai) et préparer des techniques défensives ou offensives. Hanmi est la posture la plus polyvalente et la plus enseignée en Aïkido. -
Hitoemi :
Employée pour maximiser la rotation du corps, notamment lors des esquives ou des attaques latérales. Elle est particulièrement utile pour les techniques nécessitant une grande mobilité du tronc et des hanches, ou pour surprendre l’adversaire par un changement rapide d’axe. Hitoemi est souvent utilisée dans les enchaînements avec armes ou pour accentuer la fluidité du mouvement. -
Sankaku et shizei :
Cette posture triangulaire est la base de la stabilité et du mouvement en Aïkido. Elle est employée dans toutes les situations où l’équilibre et la capacité à absorber ou rediriger une attaque sont primordiales. Sankaku shizei est donc présente dans la plupart des techniques, que ce soit à mains nues ou avec armes. - Conclusion
-
Hanmi, hitoemi, sankaku, shizei
sont trois positions fondamentales en Aïkido, chacune ayant ses spécificités et son contexte d’utilisation. Hanmi est la posture de base, hitoemi favorise la rotation et l’esquive, tandis que sankaku shizei assure stabilité et mobilité. Leur maîtrise permet d’adapter sa pratique à chaque situation et d’optimiser l’efficacité des techniques.
7. Les inconvénients de la garde carrée face à la garde hanmi
(shizei)
- ### 1. Surface exposée et vulnérabilité
-
La garde carrée,
où le buste fait face à l’adversaire, expose l’ensemble du corps aux attaques. Les zones vitales (abdomen, poitrine, gorge) sont directement accessibles. À l’inverse, la garde hanmi (shizei), en ne présentant qu’un profil, réduit considérablement la surface exposée. Cette orientation permet de masquer la moitié du corps, rendant plus difficile pour l’adversaire de cibler efficacement. - ### 2. Mobilité et déplacements
-
La garde carrée,
les déplacements latéraux ou en rotation sont moins fluides. Le poids du corps est réparti de façon symétrique, ce qui limite la capacité à pivoter rapidement ou à esquiver. La garde hanmi, avec son appui triangulaire et son orientation à 45°, favorise la mobilité dans toutes les directions. Elle permet des entrées (irimi), des pivots (tenkan) et des esquives plus naturelles et efficaces. - ### 3. Stabilité et équilibre
-
La garde carrée,
offre une base stable vers l’avant, mais elle est moins efficace pour absorber ou rediriger une force venant de côté. La garde hanmi, grâce à sa posture triangulaire (sankaku), assure un meilleur équilibre et une capacité accrue à absorber ou détourner l’énergie d’une attaque. Cette stabilité dynamique est essentielle en aïkido, où l’on privilégie la redirection plutôt que l’opposition frontale. - ### 4. Prévisibilité et adaptabilité
-
La garde carrée,
est plus rigide et prévisible. Elle limite la capacité à masquer ses intentions ou à varier les angles d’attaque et de défense. En hanmi, la posture invite à la fluidité et à l’adaptation, permettant de changer d’axe ou de distance sans effort apparent. Cela rend la lecture des intentions plus difficile pour l’adversaire. - ### 5. Transmission de la force
-
Dans la garde carrée,
la transmission de la force se fait principalement de manière linéaire, ce qui peut entraîner une confrontation directe et énergivore. La hanmi, en revanche, favorise l’utilisation de la rotation des hanches et du transfert du poids, permettant de générer de la puissance tout en restant souple et économe en énergie. - ## Conclusion
- La garde carrée, bien que simple à adopter, présente plusieurs inconvénients majeurs face à la garde hanmi de l’aïkido. Elle expose davantage le corps, limite la mobilité, la stabilité et l’adaptabilité, et favorise une confrontation directe peu compatible avec les principes de l’aïkido.
-
La position hanmi shizei,
en masquant la moitié du corps et en favorisant la mobilité triangulaire, s’impose comme une posture plus efficace pour la défense, l’attaque et la gestion de l’énergie.
8. Kamae : la garde en aïkido traditionnel
- Kamae (position de garde)
- Le terme « kamae » désigne la posture de garde, essentielle dans toute pratique martiale.
- En aïkido, le kamae vise à :
-
- Réduire la surface corporelle exposée à l’adversaire. Dissimuler les points vitaux à l'adversaire et les rendre plus difficilement accessible à ses coups.
- Permettre des déplacements rapides dans toutes les directions.
-
Maintenir un équilibre du poids sur les deux pieds, facilitant l’avancée ou la
retraite.
La position classique « hanmi » , où le corps est orienté à 45° par rapport à l’attaque.
Les pieds sont légèrement écartés, le pied avant pointe vers l’adversaire, le pied arrière est ouvert, formant un triangle (San Kakuho voir plus haut).
Les genoux sont fléchis, prêts à absorber ou éviter une attaque, ou à bouger rapidement.
- Deux variantes de Hanmi :
-
• Migi hanmi : pied droit devant.
• Hidari hanmi : pied gauche devant. - Ai hanmi et Gyaku hanmi
-
- Ai hanmi : (aï pareil, identique, harmonie) les deux partenaires ont le même pied devant (droit/droit ou gauche/gauche).
- Gyaku hanmi : Gyaku inverse les partenaires ont des pieds opposés devant (droit/gauche ou gauche/droit).
- Mu Kamae (garde naturelle mu vide, absence)
- Les bras et les mains sont le long du corps, prêts à réagir sans tension excessive. Cette posture vise la spontanéité et la disponibilité, plutôt qu’une garde figée.
- Nakazono sensei expliquait qu'on ne savait pas comment l'adversaire allait attaquer on ne pouvait donc ni prévoir une garde haute ou basse le mieux était de ne pas prendre de garde du tout la simple position hanmi était suffisante.
- Kamae avec armes (Aiki-Ken et Aiki-Jo)
- En aïkido traditionnel, la pratique avec le sabre (ken) ou le bâton (jo) implique des kamae spécifiques, adaptés à la distance et à la nature de l’arme.
- Ces gardes sont plus marquées et conventionnelles, mais toujours conçues pour permettre des déplacements rapides et une adaptation à l’attaque.
- Points clés à retenir
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- La garde en aïkido n’est pas rigide : elle doit permettre une réaction instantanée dans toutes les directions.
- L’objectif est d’être toujours prêt, sans posture figée, pour s’adapter à toute situation.
- Les gardes varient selon la pratique à mains nues ou avec armes, mais reposent sur les mêmes principes de mobilité, d’équilibre et de réduction de la cible.
- Kamae fondamentaux en Aiki-Ken
-
-
Gedan-no-kamae (下段の構え)
Garde basse : le sabre est abaissé, pointe vers le sol, généralement devant la jambe avant. Cette garde est plus défensive et permet de préparer des attaques surprises. -
Chudan-no-kamae (中段の構え) ou Seigan (la plus courante, voir le chapitre
plus bas)
Garde du milieu : le sabre est tenu devant soi, pointe vers l’adversaire, à hauteur du ventre ou du plexus solaire. C’est la garde la plus courante, équilibrée entre attaque et défense. - Jodan-no-kamae (上段の構え)
Garde haute : le sabre est levé au-dessus de la tête, prêt à effectuer une coupe descendante. Cette posture exprime une intention offensive. - 5. Hasso-no-kamae (八相の構え)
Garde « huit aspects » : le sabre est tenu verticalement près du visage ou de l’épaule, prêt à attaquer ou à défendre dans plusieurs directions. -
Waki-kamae (脇構え)
Garde latérale arrière : le sabre est tenu sur le côté, pointe vers l’arrière, caché derrière le corps, soit en avançant soit en reculant. Cette posture est utilisée pour tromper l’adversaire et préparer une attaque rapide.
-
Gedan-no-kamae (下段の構え)
- Points à retenir
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- Chaque garde a une utilité spécifique selon la distance, l’intention (attaque/défense) etla stratégie adoptée.
- En aïkido traditionnel, l’accent est mis sur la fluidité du passage d’une garde à l’autre, pour s’adapter à la situation et à l’adversaire.
- Une garde peut aussi être un piège pour l'adversaire et utilisée pour tromper l’adversaire (yin/yang)
- Seigan-no-kamae
-
- Position :
Le sabre est tenu devant soi, pointe légèrement dirigée vers les yeux de l’adversaire (d’où le nom « seigan », qui signifie « regard droit » ou « droit devant »). - Utilité :
Cette garde est à la fois défensive et offensive. Elle permet de réagir rapidement à une attaque tout en gardant l’adversaire sous contrôle visuel. -
Posture :
Les pieds sont en hanmi (demi-corps), le poids du corps est réparti, prêt à avancer ou reculer. Les mains tiennent le sabre fermement, mais sans tension excessive. Points clés -
Seigan-no-kamae
est très utilisée dans les exercices d’Aiki-Ken, car elle offre un bon équilibre entre protection et capacité d’attaque. - Elle favorise la vigilance et la disponibilité, principes essentiels en aïkido.
- Position :
- Seigan-no-kamae : la plus utilisée
- Seigan-no-kamae (正眼の構え) est une garde utilisée avec le sabre (bokken ou katana) en aïkido et dans d’autres arts martiaux japonais.
- Elle consiste à tenir le sabre devant soi, pointe dirigée vers les yeux de l’adversaire, bras légèrement fléchis, corps équilibré et prêt à réagir.
- Avantages de Seigan-no-kamae en aïkido
-
- Équilibre entre attaque et défense
Seigan-no-kamae est une posture centrale qui permet de passer rapidement de la défense à l’attaque. Le sabre est positionné de manière à pouvoir parer une attaque ou lancer une riposte instantanée. -
Contrôle de la distance
La pointe du sabre dirigée vers les yeux de l’adversaire crée une « ligne de menace » qui oblige l’autre à respecter la distance. Cela permet de contrôler l’espace et de dissuader les attaques directes. -
Préparation mentale et physique
La posture Seigan-no-kamae favorise la concentration et la vigilance. Elle incite à rester attentif, prêt à réagir à toute action de l’adversaire, tout en gardant le corps détendu et mobile. -
Polyvalence
Cette garde est adaptée à de nombreuses situations et techniques, que ce soit en attaque ou en défense. Elle est utilisée dans la plupart des katas et exercices avec armes en aïkido. -
Dissimulation de l’intention
En gardant le sabre devant soi, il est possible de masquer la longueur de la lame et de dissimuler ses intentions, rendant plus difficile pour l’adversaire d’anticiper le prochain mouvement.
- Équilibre entre attaque et défense
- En résumé Seigan-no-kamae
- est une garde fondamentale en aïkido avec armes, offrant équilibre, contrôle, polyvalence et préparation mentale. Elle permet de rester prêt à toute éventualité, tout en maintenant une posture stable et efficace.
Kamae
9. Equilibre, ancrage surface de sustentation
- La surface de sustentation en aïkido : fondement invisible de l’efficacité technique
- L’aïkido, art martial japonais créé par Morihei Ueshiba, repose sur des principes biomécaniques et énergétiques subtils. Parmi ceux-ci, la surface de sustentation — ou base de soutien — joue un rôle central, souvent méconnu des débutants, mais déterminant pour la stabilité, la puissance et la fluidité des techniques.
- Qu’est-ce que la surface de sustentation ?
- En aïkido, la surface de sustentation désigne la zone de contact entre le corps du pratiquant et le sol. Elle est principalement assurée par les pieds, mais peut aussi impliquer d’autres parties du corps selon les positions (genoux, mains en cas de chute ou de déplacement au sol). Cette surface n’est pas statique : elle évolue constamment en fonction des déplacements, des rotations et des transferts de poids.
- Pourquoi est-elle si importante ?
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Stabilité et équilibre
Une base solide permet de résister aux forces extérieures (poussées, tractions, déséquilibres). En aïkido, où l’on cherche à utiliser la force de l’adversaire contre lui, une surface de sustentation bien maîtrisée évite d’être projeté ou déséquilibré. Par exemple, lors d’une technique comme irimi-nage, le pratiquant doit ancrer son pied arrière pour pivoter efficacement et guider son partenaire. -
Transmission de la puissance
La force en aïkido ne provient pas de la musculature, mais de la capacité à canaliser l’énergie (ki) à travers le corps et vers le sol. Une surface de sustentation optimale permet de « rooter » cette énergie, comme un arbre dont les racines s’enfoncent dans la terre. Sans cette connexion, les techniques perdent en efficacité et en précision. -
Fluidité et mobilité
L’aïkido se caractérise par des mouvements circulaires et des déplacements fluides. La surface de sustentation doit être suffisamment large pour assurer la stabilité, mais assez dynamique pour permettre des changements de direction rapides. Un pied mal placé ou un poids mal réparti peut briser la continuité du mouvement. -
Contrôle de l’adversaire
En contrôlant sa propre surface de sustentation, le pratiquant peut aussi influencer celle de son partenaire. Par exemple, en kote-gaeshi, le déséquilibre initial de l’adversaire est amplifié par une rotation du poignet et un déplacement du corps qui réduit sa base de soutien, le rendant vulnérable à la projection. - Comment travailler sa surface de sustentation ?
-
Exercices de base :
Certains exercices de préparation comme Ameno tori fune furitama sont des exercices qui permettent de prendre conscience de l’ancrage qui n’est pas uniquement physique, mais dans ce site comme on ne parle que de généralité donc voir avec Alain Peyrache sensei.
Les déplacements (tai-sabaki) et les exercices de respiration (kokyu-ho) aident à prendre conscience de son ancrage au sol. -
Travail à deux :
Les exercices de poussée (kokyu-dosa) permettent de tester sa stabilité et d’ajuster sa posture en fonction des forces extérieures. -
Conscience corporelle :
Porter attention à la répartition du poids, à l’alignement des hanches et des épaules, et à la pression exercée sur les pieds lors de chaque technique. - Pour les déplacements de base (Tai-sabaki)
-
Pieds en contact constant :
Lors des déplacements circulaires (tenkan, irimi), garder toujours au moins un pied bien ancré au sol. Éviter de « sauter » ou de croiser les pieds, ce qui réduit la base de soutien. -
Répartition du poids :
en position naturelle (hanmi), 60% du poids doit être sur le pied avant, 40% sur le pied arrière. Cela permet une réaction rapide dans toutes les directions. -
Exercice :
Marche lentement, en portant attention à la pression sous chaque pied. Resentir la transition du poids d’un appui à l’autre. - En résumé
-
La surface de sustentation est bien plus qu’un simple appui :
c’est le socle invisible sur lequel repose toute la pratique de l’aïkido. Maîtriser cet aspect technique, c’est acquérir la capacité de rester centré, stable et efficace, quelle que soit l’intensité de l’échange. Comme le disait Morihei Ueshiba : « L’aïkido est la voie de l’harmonisation des énergies. » Cette harmonie commence par une connexion profonde et consciente avec le sol.
10. Aïkido traditionnel : Rotation (tenkan) plus de souplesse
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Physiologie du mouvement : pourquoi pivoter nous rend plus flexibles.
-
- Quand on fait un demi‑tour sur soi‑même, on a souvent l’impression d’être plus souple juste après.
- Cette sensation s’explique par une combinaison de mécanismes neuro‑musculaires, articulaires et sensoriels.
-
Stimulation du système vestibulaire
-
Le système vestibulaire (dans l’oreille interne)
est sollicité pendant la rotation.
Il influence la perception de l’équilibre et du mouvement.
Après un demi-tour, ce système peut temporairement modifier ta perception de la position de ton corps. -
Le système nerveux se met en “mode relâchement”
-
La souplesse n’est pas seulement une question de muscles « courts » ou « longs » :
elle dépend beaucoup du système nerveux.
Lors d’un mouvement de rotation fluide :- Les fuseaux neuromusculaires (capteurs de l’étirement dans les muscles) sont sollicités de manière progressive,
- Cela diminue le réflexe myotatique, ce réflexe automatique qui fait se contracter un muscle quand il est étiré trop vite,
- En parallèle, les organes tendineux de Golgi favorisent un relâchement musculaire lorsque la tension est contrôlée et continue.
le cerveau autorise plus d’amplitude sans déclencher de protection excessive -
La rotation est un étirement dynamique global
-
Un demi tour mobilise plusieurs chaînes musculaires en même temps :
- hanches
- colonne vertébrale
- épaules
- fascias (tissus conjonctifs)
-
Contrairement à un étirement statique,
la rotation est un étirement dynamique, reconnu pour :
• Améliorer immédiatement la mobilité,
• Préparer les articulations sans créer de rigidité,
• Augmenter la circulation locale.
-
Les fascias se “déverrouillent”
-
Le corps ne fonctionne pas avec des muscles isolés, mais avec des chaînes de tissus
conjonctifs (les fascias).
-
Les fascias relient muscles, articulations et organes.
Ils aiment particulièrement :
• les mouvements spiralés,
• les torsions douces,
• les changements d’axes. -
Un demi tour agit comme une essorage lent :
• les tissus glissent mieux les uns sur les autres,
• la viscosité fasciale diminue,
• la sensation de raideur s’atténue. - Un demi-tour ne sollicite pas seulement la taille, mais aussi les chevilles, les hanches et la nuque.
-
En pivotant, vous créez une torsion hélicoïdale qui répartit la tension sur
toute la
longueur de ces chaînes.
Une fois "activées" par un premier mouvement, ces fibres glissent mieux entre elles.
-
Les fascias relient muscles, articulations et organes.
Ils aiment particulièrement :
-
Le cerveau met à jour la “carte du corps”
-
-
Les rotations stimulent fortement la proprioception
(le sens de la position du corps dans l’espace) :
• oreille interne (équilibre),
• articulations,
• muscles profonds. - Cette stimulation améliore la coordination inter musculaire et réduit les tensions inutiles.
-
Les rotations stimulent fortement la proprioception
(le sens de la position du corps dans l’espace) :
-
Le réflexe d'inhibition réciproque
-
Lorsque vous tournez dans une direction, votre cerveau ordonne à certains muscles de se
contracter (les agonistes) et à d'autres de se détendre (les antagonistes).
- En faisant un mouvement complet ou un demi-tour, vous "prévenez" le système nerveux que l'amplitude va être sollicitée.
- Le cerveau relâche alors la tension protectrice des muscles opposés, ce qui donne cette sensation de fluidité et de plus grande portée lors du deuxième essai.
-
La "Tricherie" des pivots
-
C'est l'explication la plus pragmatique :
- Quand on reste statique et qu'on essaie de se tordre, on est limité par la colonne vertébrale.
-
Dès qu'on fait un demi-tour, on libère généralement les hanches
et on repositionne les pieds.
Ce changement de base réduit la contrainte sur les vertèbres lombaires et permet une rotation bien plus vaste.
-
Pourquoi c’est si efficace en aïkido traditionnel
-
-
En aïkido traditionnel :
• on privilégie la spirale plutôt que la ligne droite,
• on cherche la continuité plutôt que la force,
• on évite les contractions parasites. -
Le demi tour (tenkan) coche toutes les cases :
✔ mouvement circulaire
✔ relâchement progressif
✔ coordination globale
✔ sécurité articulaire
👉 le système nerveux autorise plus de liberté de mouvement. -
En aïkido traditionnel :
-
-
Quand tu fais un demi tour sur toi même, tu :
• apaises les réflexes de protection,
• actives un étirement dynamique global,
• libères les fascias,
• améliores la coordination nerveuse. -
L'échauffement flash
Même un mouvement de quelques secondes augmente la circulation sanguine locale
et diminue la viscosité du liquide synovial dans vos articulations.
C'est comme une huile qui devient plus fluide quand on commence à faire tourner le moteur :
la résistance mécanique diminue instantanément. -
Il existe une expérience célèbre appelée "l'illusion de la rotation de
la tête" :
si vous visualisez mentalement que vous tournez beaucoup plus loin avant de le faire réellement, votre système nerveux lève souvent des barrières de sécurité, vous permettant de gagner quelques degrés d'amplitude réelle sans aucun entraînement physique.
-
Quand tu fais un demi tour sur toi même, tu :
-
-
-
Points clés :
👉 Si les bras tirent, le système nerveux se crispe.
👉 Si la rotation vient du centre (hara), il relâche. -
Résultat :
• Moins de force,
• Plus d’amplitude,
• Plus de stabilité. -
Remplacer la force par la continuité (clé majeure)
Si tu forces dans un demi tour :
• tu actives les réflexes de protection,
• tu perds la souplesse immédiatement. -
Pourquoi ça rend ton aïkido plus efficace (et plus sûr)
En appliquant ça :
• tu forces moins → moins de blessures,
• tu utilises tout le corps → moins d’effort,
• tu es plus stable → meilleur ma-aï,
• tu es plus souple pendant l’action, pas après. -
Sur le tatami, rappelle toi :
✔ Le demi tour n’est pas un déplacement, c’est un message au système nerveux
✔ La lenteur au début crée la liberté ensuite
✔ La spirale relâche, la ligne droite crispe
✔ La souplesse vient de la coordination, pas de l’effort
-
Points clés :
👉 Si les bras tirent, le système nerveux se crispe.
11. Aïkido Traditionnel : Le mouvement infundibuliforme selon
Alain Peyrache
-
Le Vortex : L'Énergie et le Flux
-
L'utilisation du terme infundibuliforme prend tout son sens lorsqu'on l'associe à
l'enseignement d'Alain Peyrache, l'un des grands promoteurs de l'Aïkido traditionnel
(fondateur de l'école martiale EPA-ISTA).
- Dans son enseignement, ce mot n'est pas qu'une figure de style anatomique, c'est un principe moteur fondamental.
- C'est une observation fascinante qui repose sur un mélange de biomécanique, de réflexes neurologiques et d'une petite dose d'illusion sensorielle.
-
La forme du mouvement : Le vortex
-
- Le vortex exprime l'idée d'aspiration. En Aïkido, on ne se contente pas de tourner, on "aspire" le partenaire dans son propre vide (le centre de l'entonnoir).
- Cela correspond au principe Centripète : tout ce qui entre dans le champ du vortex est irrésistiblement attiré vers le centre, là où la vitesse de rotation est la plus élevée mais où l'effort est nul.
-
Pourquoi utiliser plutôt "Infundibuliforme" que vortex ?
-
Dans l'enseignement d'Alain Peyrache, le choix des mots est précis.
Alain Peyrache utilise souvent ce terme plus technique pour plusieurs raisons :- Précision anatomique : Comme vu précédemment, cela lie la pratique martiale à la réalité biologique des articulations (hanche, épaule).
-
Rupture avec le "cercle" :
Beaucoup de débutants font des cercles plats.
Dire "infundibuliforme" force l'esprit à intégrer la troisième dimension (la profondeur/la hauteur), ce que le mot "vortex" fait aussi, mais de façon plus abstraite. - La notion de filtre : L'infundibulum (l'entonnoir) suggère que l'on "canalise" une force brute pour n'en garder que l'essentiel à la sortie.
- Le Vortex est l'âme du Cône On pourrait dire que le mouvement est un cône, mais son moteur est un vortex qui évoque la puissance naturelle (tornades, tourbillons d'eau)..
-
La centralisation (Le "Point Zéro")
-
L'idée de l'entonnoir est cruciale pour comprendre la gestion de la force :
- L'image de l'œil du cyclone permet de saisir instantanément l'essence du "Point Zéro" ou de la centralisation en Aïkido.
- Au lieu de s'opposer à la force de l'assaillant on la laisse entrer dans l'entonnoir.
- Plus le mouvement progresse, plus l'espace se réduit pour aïte, le forçant à converger vers le centre de contrôle de Tori.
- C'est ce qui permet de passer d'un grand mouvement ample à une immobilisation ou une projection très précise.
- Le paradoxe du calme et de la fureur Dans un cyclone, la périphérie est animée d'une vitesse destructrice, mais le centre est une zone de calme absolu. Aucune force.
-
En Aïkido :
Si vous êtes au centre (le Point Zéro), vous ne subissez pas la force.
Plus l'attaque d'aïte est puissante et rapide, plus le contraste est grand avec votre propre immobilité centrale. - C'est là que réside le secret : pour projeter quelqu'un avec une force cyclonique, le pratiquant doit rester parfaitement serein et stable en son centre (le Hara).
-
Le centre comme moteur immobile
-
Sans l'œil du cyclone, le cyclone n'existe pas.
C'est le centre qui organise le chaos autour de lui.- La centralisation : Ce n'est pas une passivité. C'est le point de référence autour duquel la technique s'articule.
-
Comme le dit souvent Alain Peyrache, l'Aïkido n'est pas une lutte contre
l'autre, mais une gestion de son propre centre.
Si vous tenez votre "Point Zéro", l'autre est aspiré par le vide central et perd son équilibre.
-
Le lien avec la souplesse et la rotation
-
- En pivotant à 180° (tenkan, tenkaï ashi), on ne fait pas que tourner : on crée une spirale descendante ou ascendante.
-
Cette forme permet d'utiliser la structure osseuse
plutôt que la force musculaire.
C'est pour cela qu'on se sent "plus souple" ou plus fluide :
on ne lutte pas contre l'articulation, on utilise sa trajectoire naturelle en spirale.
-
l'Aïkido est un art martial traditionnel et non un sport
-
Alain Peyrache insiste sur le fait que l'Aïkido est un art martial traditionnel et non
un sport.
- Le mouvement infundibuliforme est une application du principe de Non-Résistance.
-
Si le mouvement était un simple cercle,
il y aurait un choc tangentiel.
En étant un cône (infundibuliforme), le mouvement devient une spirale qui absorbe et redirige.
-
L’aïkido est un art martial fondé sur la vérité universelle
-
O Sensei ne parlait pas de géométrie abstraite, mais d’observation du vivant.
- « Il n’y a rien de droit dans l’univers » Dans ses entretiens, il affirme que l’aïkido est un art martial fondé sur la vérité universelle, c’est à dire sur la manière dont l’univers fonctionne réellement, et non sur des constructions artificielles ou des oppositions de force (sports).
-
Dans la nature :
• une force linéaire rencontre toujours une résistance,
• cette résistance crée une déviation,
• la déviation engendre une courbe,
• la courbe, si elle se prolonge, devient une spirale.
C’est pour cela que, dans la pensée d’O Sensei, le cercle seul est insuffisant : le cercle est fermé, la spirale évolue. -
Pourquoi l’aïkido n’est ni linéaire ni simplement circulaire
-
-
Dans les arts martiaux plus classiques :
• on avance / on recule,
• on bloque / on frappe,
• on oppose une force à une autre. - Ueshiba a profondément remis cela en question après la guerre, lorsqu’il a rejeté l’usage destructeur des arts martiaux et cherché une voie non violente mais réellement efficace.
-
La spirale permet précisément cela :
• elle absorbe la force,
• elle la redirige,
• elle la transforme sans l’arrêter brutalement. -
C’est ce que l’on voit dans :
• tenkan,
• irimi tenkan,
• kaiten nage,
• shihonage,
Toutes les techniques...
-
Dans les arts martiaux plus classiques :
-
Le lien entre spirale, aiki et non opposition
-
Dans les entretiens d’O Sensei, il insiste sur le fait que l’aïkido ne peut pas être un
art martial de violence, car il cherche l’unification et non la domination.
-
La spirale est essentielle à cela car :
• elle évite le choc frontal,
• elle empêche le corps de se raidir,
• elle maintient le mouvement vivant jusqu’à la résolution. -
Un mouvement droit :
• impose,
• déclenche la peur,
• appelle une résistance. -
Un mouvement spiralé :
• inclut l’autre,
• perturbe ses repères,
• désorganise sans brutaliser.
-
La spirale est essentielle à cela car :
-
Pourquoi cela rend l’aïkido unique (et sans équivalent)
-
-
Beaucoup d’arts martiaux utilisent :
• des lignes,
• des angles,
• parfois des cercles. -
Mais l’aïkido traditionnel est le seul à avoir fait de la spirale
continue :
• un principe universel,
• un principe technique,
• un principe spirituel. -
O Sensei disait que :
« Le ciel et la terre deviennent le dojo »
parce que l’aïkido imite les lois du vivant, pas un système de combat fermé. -
C’est pour cela qu’il n’existe pas d’équivalent strict :
• ce n’est ni du jujutsu,
• ni du judo,
• ni du karaté,
• ni même une simple synthèse.
-
Beaucoup d’arts martiaux utilisent :
-
Ce que cela implique pour la pratique (point clé)
-
Ce que cela implique pour la pratique (point clé)
-
Comprendre cela change tout :
• Si tu fais un mouvement droit → tu forces tôt ou tard
• Si tu fais un cercle fermé → tu peux bloquer le mouvement
• Si tu entres dans une spirale → tu accompagnes jusqu’à la résolution -
« L’aïkido n’impose pas une forme au monde.
Il épouse la manière dont le monde se met en mouvement. »
-
Comprendre cela change tout :
• Si tu fais un mouvement droit → tu forces tôt ou tard
-
Aïkido traditionnel : la force de Coriolis
-
la force de Coriolis dans l'étude de l'Aïkido traditionnel, tel que transmis par Alain
Peyrache sensei, est une analyse de haut vol.
Elle permet de passer d'une compréhension purement "physique" à une compréhension
"dynamique" du mouvement hélicoïdal.
-
En physique, l'accélération de Coriolis
apparaît dans un référentiel en rotation :
elle dévie une trajectoire rectiligne en une courbe.
En Aïkido, c'est ce qui transforme une poussée droite en une chute spirale.
-
En physique, l'accélération de Coriolis
apparaît dans un référentiel en rotation :
-
L'influence de Coriolis sur le mouvement hélicoïdal dans la pratique de l'aïkido
-
Dans un mouvement infundibuliforme (en entonnoir), le partenaire (aïte) se déplace de la
périphérie vers votre centre (ex shihonage).
- Le principe : Selon l'effet Coriolis, tout objet se rapprochant de l'axe d'un système en rotation subit une accélération latérale.
-
En Aïkido :
Plus vous aspirez aïte vers votre Point Zéro (l'œil du cyclone) tout en
pivotant,
plus sa force d'inertie se transforme en une accélération circulaire qu'il ne
peut plus
contrôler.
Sa trajectoire devient naturellement hélicoïdale.
-
Comment l'utiliser utilement en Aïkido ?
- Pour utiliser cet effet de manière "traditionnelle" (sans force musculaire), il faut appliquer trois clés techniques :
-
A. Créer le "Vide" Central
-
Pour que Coriolis opère,
il faut un mouvement de rotation.
Si vous résistez (blocage), la rotation s'arrête et l'effet disparaît. -
L'application :
En restant "l'œil du cyclone" immobile, vous permettez au vortex de
s'accélérer.
Vous n'avez pas besoin de pousser aïte ; c'est son propre déplacement vers votre centre qui le projette.
-
Pour que Coriolis opère,
il faut un mouvement de rotation.
-
B. La variation du rayon (L'effet patineur)
-
C'est l'aspect le plus utile du mouvement infundibuliforme :
- En ramenant les bras ou le contact vers votre axe lors d'un Tai No Henka ou d'un Irimi Nage, vous réduisez le rayon de rotation.
-
Par conservation du moment cinétique, la vitesse de rotation augmente
radicalement.
Aïte a la sensation d'être "aspiré" puis éjecté par une force invisible.
-
C. La synchronisation des axes
- L'accélération de Coriolis est maximale lorsque le mouvement est perpendiculaire à l'axe de rotation.
-
L'astuce :
Votre colonne vertébrale est l'axe.
Le mouvement d'aïte doit entrer tangentiellement dans votre sphère.
S'il entre de face, il y a choc.
S'il entre sur le côté du "cône", l'effet Coriolis le prend en charge et le déséquilibre instantanément.
-
Alain Peyrache : Pourquoi l'accélération de Coriolis est la clé de l'Aïkido
-
-
En Aïkido, on utilise souvent Coriolis pour transformer un mouvement horizontal
en une chute verticale.
C'est la "spirale descendante" de l'entonnoir. -
Parler de Coriolis permet de sortir des explications mystiques ("le Ki") pour
entrer dans des explications universelles et vérifiables.
Cela crédibilise l'enseignement d'Alain Peyrache sensei en montrant que le Budo traditionnel respecte les lois fondamentales de l'univers.
-
En Aïkido, on utilise souvent Coriolis pour transformer un mouvement horizontal
en une chute verticale.
-
Le constat : La primauté du réel eïkido et dans la tradtion orientale
-
C'est un point fondamental qui marque la ligne de partage entre le Budo traditionnel
(tel qu'enseigné par Alain Peyrache sensei) et les approches sportives ou académiques
modernes.
- Une distinction épistémologique majeure : la différence entre la connaissance vécue (le constat) et la connaissance abstraite (la théorie).
-
Dans la tradition orientale, on ne cherche pas à savoir
"si ça devrait marcher selon le calcul", on regarde ce qui marche. - L'observation de la nature : Le vortex, le cyclone, la spirale infundibuliforme ne sont pas des inventions mathématiques pour le pratiquant de Budo, mais des observations de la manière dont l'énergie et la matière se déplacent le plus efficacement.
-
L'efficacité martiale :
Si un mouvement hélicoïdal permet de neutraliser un attaquant plus
fort sans effort, c'est un constat.
La physique (Coriolis, moment cinétique) ne vient qu'après, pour mettre des mots occidentaux sur une réalité déjà maîtrisée par le corps et observée, employée par la tradtion orientale.
-
Le piège de la "théorie fumeuse" occidentale, l'inverse
-
En Occident, on a souvent tendance à vouloir plier le réel à la théorie.
- On crée des modèles idéalisés et on s'étonne quand le corps ne suit pas ou quand la technique échoue en situation réelle.
- En Aïkido, cela donne souvent une pratique "mécanique" ou chorégraphiée, où l'on fait semblant de suivre une ligne théorique au lieu de ressentir le flux réel de l'attaque.
-
La transmission : De maître à élève la lignée
-
C'est pour cela qu'Alain Peyrache insiste sur la notion de Do (la Voie) :
- On ne transmet pas un manuel d'utilisation, mais une expérience.
- Le "Point Zéro" n'est pas un concept à valider par une équation, c'est un état d'être que l'on finit par constater en soi après des années de pratique.
- Le mouvement infundibuliforme n'est pas une consigne, c'est ce qui émerge naturellement quand on arrête de s'opposer à la réalité du mouvement.
-
Pratiquer l'Aïkido : Retrouver le bon sens face aux théories modernes.
-
- Aujourd'hui, beaucoup de gens sont en quête de "vérité" et de "concret" face à un monde de plus en plus virtuel et théorique.
- C'est l'idée que le tapis de pratique est un laboratoire du réel où l'on ne peut pas tricher.
-
C'est précisément là que réside toute la force de l'enseignement d'Alain
Peyrache : le corps ne ment pas.
Là où l'esprit peut se perdre dans des abstractions ou des justifications intellectuelles, le tatami ramène toujours à la sanction immédiate du réel. - Le principe infundibuliforme s’inscrit pleinement dans la démarche de la tradition orientale, fondée sur l’observation directe de la réalité.
- Cette approche rejoint la vision de Morihei Ueshiba, pour qui l’aïkido ne crée pas des formes artificielles, mais s’aligne sur la manière dont le mouvement vivant se déploie réellement dans l’univers et dans le corps humain.
🔍
Vortex
🔍
Coriolis, vecteur, cône
12. Aïkido tradtionnel : Calmer son esprit rapidement
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Mettre la langue à mi chemin entre le palais et la mâchoire ne “stoppe” pas les pensées,
mais peut aider à les calmer indirectement.
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Ce que dit la science
• Les pensées ne peuvent pas être “arrêtées” volontairement par un geste mécanique simple
• Le cerveau fonctionne par réseaux d’activité (attention, mémoire, ruminations…), pas par un interrupteur on/off -
Pas d’interrupteur magique :
Aucune étude ne montre qu’une position précise
de la langue (comme la placer à mi-chemin entre le palais et la mâchoire) peut
“arrêter” les
pensées de manière mécanique.
Le cerveau est un réseau complexe, et les pensées émergent de l’activité de multiples zones interconnectées. -
Technique hypnotique ou ancrage sensoriel :
Se concentrer sur une sensation physique
(comme la position de la langue) peut détourner l’attention des ruminations.
Cela agit comme un ancrage, un point de focalisation qui réduit temporairement le flot des pensées.
-
Ce que dit la science
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Pourquoi un apaisement est-il ressenti ?
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Parce que la position de la langue influence la respiration, et la respiration influence
le système nerveux autonome.
-
Réduction du bruit mental :
En recentrant l’attention sur une sensation corporelle, on
limite la dispersion mentale.
C’est un principe utilisé en méditation (mukso) :
moins on s’identifie aux pensées, moins elles nous submergent. -
Effet physiologique :
Certaines positions de la langue (comme celle utilisée en cohérence
cardiaque aïkido ou en yoga) peuvent influencer le système nerveux autonome,
favorisant un état de calme.
Par exemple, la position de la langue peut moduler la respiration, ce qui a un impact direct sur le stress. - Rituel et expectation : Le simple fait de croire qu’un geste va apaiser l’esprit peut déclencher une réponse de relaxation, grâce à l’effet placebo.
-
• Langue posée vers le palais → favorise la respiration nasale
• Respiration nasale lente → active le système parasympathique (calme, détente)
• Ce calme physiologique réduit l’agitation mentale, sans la supprimer totalement
-
Réduction du bruit mental :
En recentrant l’attention sur une sensation corporelle, on
limite la dispersion mentale.
-
La rupture du "Sous-Vocalisage"
-
C’est l’explication la plus concrète. Lorsque nous pensons de manière discursive (la
petite voix dans notre tête), nous activons souvent de micro-mouvements dans les muscles
de la gorge et de la langue. C’est ce qu'on appelle la parole subvocale.
- En fixant la langue dans une position précise et immobile, vous créez une "interférence motrice".
- Il devient physiquement plus difficile pour le cerveau de simuler le langage interne, ce qui ralentit mécaniquement le flux des pensées verbales.
-
Le déplacement de la charge cognitive
-
Le cerveau a une capacité d'attention limitée. En vous concentrant sur une consigne
physique inhabituelle (maintenir la langue "à mi-chemin"), vous forcez votre cerveau à
passer du Réseau par Défaut (celui des ruminations et du passé/futur) au Réseau de
l'Attention Présente.
- On ne "stoppe" pas la pensée, on la sature avec une sensation physique pour qu'elle n'ait plus de place pour le reste.
-
L'action sur le Système Nerveux Autonome
-
La mâchoire et la langue sont des zones qui stockent énormément de tension liée au
stress (le fameux réflexe de "serrer les dents").
- Placer la langue au repos force un léger relâchement de la mâchoire.
- Ce relâchement envoie un signal via le nerf vague au cerveau indiquant que le danger est écarté.
- Résultat : la réponse de stress diminue, et le calme ressenti est interprété comme un "arrêt" des pensées.
-
L'effet Biofeedback
-
- C’est un cercle vertueux :
- Vous relâchez la langue/mâchoire.
- Le corps se détend.
- Le cerveau, interprétant cette détente corporelle, réduit la production de pensées anxieuses.
Vous ne coupez pas le courant, vous changez simplement de fréquence radio en passant des "mots" aux "sensations". -
Traditions orientales zazen, qi gong, aïkido traditionnel
-
-
Dans ces traditions
La langue est placée contre le palais pour :
. Éviter d'être dérangé par la salivation
• Stabiliser la posture
• Unifier respiration et attention
• Créer un point d’ancrage corporel - Ces effets sont expérientiels et pédagogiques, pas des preuves neurobiologiques directes mais cela ne veut rien dire la science évolue...
-
⚠️ Attention
Certaines affirmations virales (ex. “mewing”, “arrêter l’ego”, “silence mental
instantané”)
• ne sont pas validées scientifiquement
• peuvent créer des attentes irréalistes
-
Dans ces traditions
-
Ce qu’on peut dire de façon juste
-
-
✔️ La position de la langue ne stoppe pas les pensées
✔️ Elle peut aider à calmer le mental, via la respiration
✔️ Elle est utile comme outil d’ancrage, pas comme solution magique -
✔️ Le calme mental vient surtout de :
• l’attention portée au corps
• la respiration
• la régularité de la pratique - Ce n’est pas la langue qui arrête l’esprit, c’est l’esprit qui se pose quand le corps se stabilise.
-
✔️ La position de la langue ne stoppe pas les pensées
-
Un esprit calme n’est pas un esprit vide.
-
C’est un esprit où les pensées passent sans s’accrocher.
Chercher à “arrêter” les pensées crée souvent l’effet inverse :
plus de tension, plus de bruit mental. La voie la plus efficace est l’apaisement indirect. -
Commencer par le corps (la voie la plus rapide)
-
Le mental se calme quand le système nerveux passe en mode repos (parasympathique).
Le levier le plus puissant est la respiration.
- Déplacer l’attention (au lieu de la combattre) L’esprit s’agite quand il n’a pas de point d’appui. Choisis un seul ancrage (ex tanden)
-
Quand une pensée arrive :
• ne la juges pas
• ne la chasses pas
• reviens simplement à l’ancrage
C’est ce “retour” répété qui calme l’esprit, pas l’absence de pensées. -
• le calme ne vient pas de la tête
• il vient de la stabilité du corps
• et de la continuité du souffle
Quand le corps s’organise, l’esprit cesse de se disperser. -
Ce qu’il faut savoir
• Le calme vient après le ralentissement du corps
• Tu n’essaies pas de te détendre -
👉 tu ralentis, et la détente suit
• Même 60 secondes suffisent pour envoyer un signal de sécurité au cerveau -
En aïkido ou (au travail)
o bouche fermée
o langue au palais
o expiration plus longue que l’inspiration
-
Le point de vue énergétique oriental le "ki"
-
En Médecine Traditionnelle Chinoise, le contact de la pointe de la langue avec le palais
joue un rôle fondamental.
Référence au pont appelé "La Pie de Pie" (ou Qiao), qui permet la jonction de la Petite Circulation Céleste (Xiao Zhou Tian).-
Cette position permet de fermer le circuit énergétique entre :
• le Vaisseau Conception (Ren Mai / 任脉)
• le Vaisseau Gouverneur (Du Mai / 督脉) -
Vaisseau Conception (Ren Mai ou Jenn Mo) :
Ce méridien, situé sur la ligne médiane
avant du corps, est associé à l’énergie Yin, à la nourriture, à la reproduction
et à la stabilité émotionnelle.
D'essence Yin, il circule sur la face antérieure (avant) du corps, du périnée jusqu'à la lèvre inférieure. -
Vaisseau Gouverneur (Du Mai ou Tou Mo) :
Situé sur la ligne médiane arrière, il est lié à l’énergie Yang, à la vitalité,
à la volonté et à la protection.
D'essence Yang, il circule sur la face postérieure (dos), le long de la colonne vertébrale, passe par le sommet du crâne et s'arrête à la gencive supérieure. -
Fermeture du circuit :
En MTC, le contact de la langue avec le palais (souvent appelé “pont céleste”)
est censé relier ces deux vaisseaux, créant une boucle
énergétique.
Cela permettrait d’harmoniser le Yin et le Yang, de renforcer la circulation du Qi et de favoriser un état de calme et d’unité intérieure. - Ces deux vaisseaux font partie des Huit Merveilleux Vaisseaux et sont considérés comme les « mers de l’énergie », car tous les méridiens principaux et secondaires y ont une connexion.
-
Lorsque la langue touche le palais,
elle agit comme un pont énergétique — appelé
Da Qiao (« construire le pont ») — permettant la continuité du flux entre
l’avant et l’arrière du corps.
Cette connexion rend possible la Petite Circulation Céleste (orbite microcosmique), où l’énergie circule de manière unifiée le long de l’axe central du corps. - Ce mécanisme crée ainsi une unité énergétique globale, non pas par la volonté mentale, mais par une organisation mécanique et naturelle du corps, favorisant l’harmonisation du Yin / Yang, la stabilité interne et l’apaisement de l’esprit.
- L’effet est indirect : l’esprit s’apaise car l’énergie se stabilise
-
Lien avec la pratique
• la langue au palais
• la respiration nasale
• l’axe vertical détendu -
créent une cohérence corps–souffle–esprit.
Le calme mental n’est pas provoqué : il émerge de cette organisation
-
Cette position permet de fermer le circuit énergétique entre :
-
Effets attendus
-
- Unité énergétique : En “fermant” ce circuit, on favoriserait une circulation fluide du Qi dans tout le corps, ce qui pourrait expliquer la sensation d’apaisement ou de recentrage.
- Impact sur les méridiens : Tous les autres méridiens se connectent à ces deux vaisseaux, donc leur harmonisation aurait un effet global sur l’équilibre énergétique.
- Calme mental : En MTC, un Qi harmonisé réduit les blocages émotionnels et mentaux, ce qui peut se traduire par une diminution des pensées intrusives ou des ruminations (rate).
-
La Petite Circulation Céleste
-
référence au pont appelé "La Pie de Pie" (ou Qiao), qui permet la jonction de la Petite
Circulation Céleste (Xiao Zhou Tian).
- Selon la tradition taoïste et la MTC, le corps est parcouru par deux vaisseaux "maîtres" qui dirigent l'ensemble de l'énergie (Qi, ki) :
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Pourquoi "rouler" la langue ?
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Le Vaisseau Conception (Ren Mai / Jenn Mo) et Le Vaisseau Gouverneur (Du Mai /
Tou Mo) :
Naturellement, il existe une rupture physique entre ces deux méridiens au niveau de la
bouche.
En plaçant le bout de la langue contre le palais (point Ying Jiao), vous agissez comme un interrupteur :-
Fermeture du circuit :
La langue sert de conducteur.
Le flux énergétique peut alors circuler en boucle continue, sans fuite. -
Harmonisation globale :
Ces deux vaisseaux sont les "mers" des méridiens.
En les connectant, on équilibre instantanément le Yin (le calme, la structure) et le Yang (l'action, la pensée). -
L'apaisement mental :
Dans cette vision, la "pensée incessante" est souvent vue comme un
excès de Yang (chaleur/énergie) qui monte à la tête et ne peut pas redescendre.
En fermant le circuit, vous permettez à cet excès d'énergie de redescendre vers le Dantian inférieur "seika tanden" (le centre de gravité sous le nombril), ce qui clarifie l'esprit.
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Fermeture du circuit :
La langue sert de conducteur.
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Une convergence entre Orient et Occident
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- Il est fascinant de voir que les deux explications se rejoignent :
- La MTC parle de faire redescendre le "Qi" vers le centre.
- Les neurosciences parlent de désactiver le "Réseau par Défaut" pour revenir aux sensations corporelles.
- Dans les deux cas, l'idée est la même : sortir de la boucle fermée de la tête pour réintégrer la globalité du corps.
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Notes sur le Le Mewing
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C'est en quelque sorte la version "esthétique et posturale" moderne de ce que nous
venons de
voir avec la MTC et le point de vue scientifique occidental.
- Le terme vient du Dr Mike Mew, un orthodontiste britannique. Le "Mewing", c'est simplement une technique de rééducation de la posture de la langue.
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Au lieu de laisser la langue "traîner" au fond de la bouche ou contre les dents du bas,
le Mewing consiste à plaquer l'intégralité de la langue contre le palais (pas seulement
la pointe, mais aussi la partie postérieure).
- Principes clés :
- a langue au palais : LElle doit agir comme un "support interne" pour le haut du visage.
- Lèvres scellées : On respire exclusivement par le nez.
- Dents légèrement en contact : Sans contracter la mâchoire (pour éviter le bruxisme).
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Pourquoi tout le monde en parle ?
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le Mewing est devenu viral pour ses promesses de transformation physique (bien que les
preuves scientifiques définitives sur les adultes fassent encore débat)
- Redéfinition de la mâchoire : En tonifiant les muscles sublinguaux, cela "remonte" le plancher buccal et réduit l'apparence du double menton.
- Structure osseuse : Selon ses promoteurs, la pression constante de la langue pourrait, à long terme, élargir le palais et avancer la mâchoire supérieure (maxillaire), rendant le visage plus "harmonieux".
- Santé : Cela favorise la respiration nasale, ce qui améliore la qualité du sommeil et réduit potentiellement les ronflements ou l'apnée du sommeil.
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La position de la langue influence la position de la première vertèbre
cervicale (l'atlas).
Une langue bien placée aide souvent à redresser la tête et les épaules. -
Le bémol :
Si c'est mal fait (pression excessive contre les dents de devant), cela peut
déplacer les dents ou créer des douleurs à l'articulation de la mâchoire.
C'est plus une habitude de vie qu'un exercice de musculation intense.
Avant de de vous lancer dans cette technique du mewing, il faut faire preuve de prudence...
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Mewing tuto
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Mewing dangers
Supports de cours (Alain Peyrache sensei)
Déplacements différents selon la position carrée ou aïkido
Déplacements différents selon la position carrée ou aïkido
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